Enquête. De la farine répandue le long des routes : comment Israël empêche l’aide de parvenir à Gaza
Pour limiter l’aide humanitaire internationale destinée à la bande de Gaza, Israël a imposé un empilement d’obstacles bureaucratiques et physiques qui entravent chaque étape des livraisons, révèle une enquête du journal de gauche israélien “Ha’Aretz”.
Pour lire la suite de l’article : https://www.courrierinternational.c...
Depuis l’espace, on peut voir de longues traînées blanches de farine s’étendre autour du checkpoint israélo-palestinien de Kerem Shalom [Karm Abu Salem, pour les Palestiniens] entre Israël et Gaza ; le contraste entre la farine blanche et le sable brun de Gaza est saisissant. À quelques kilomètres de là, des centaines de gens meurent de faim tandis que des tonnes de farine gisent le long des routes. Non loin de là, des sacs de riz jaunes sont également tombés des camions.” C’est par ces lignes que débute une longue enquête publiée ce mardi 12 août dans Ha’Aretz sur les obstacles imposés par Israël qui empêchent l’aide humanitaire d’atteindre les populations les plus vulnérables, victimes de malnutrition, au sein de l’enclave palestinienne assiégée.
La farine et le riz proviennent de dons collectés par les Nations unies et des organisations non gouvernementales, qui achètent la nourriture principalement en Jordanie et la transportent jusqu’à la bande de Gaza via le territoire israélien, explique l’article. Selon des sources humanitaires, “Tsahal empêche que ces cargaisons soient sécurisées contre les pillards avant que les camions […] atteignent les zones palestiniennes les plus menacées par la famine”.
Depuis des mois, l’ONU et les ONG demandent à l’armée israélienne d’autoriser l’acheminement de nourriture par d’autres points d’entrée, de leur laisser le temps de sécuriser et de protéger les cargaisons, et d’utiliser des itinéraires plus sûrs. “Mais ces demandes sont presque toujours rejetées.” Par conséquent, “les conducteurs doivent emprunter les mêmes routes à plusieurs reprises, une aubaine pour les pillards qui savent désormais où attendre les convois.”
Dattes et pommes de terre bannies
Depuis que l’État hébreu a conquis et détruit le poste frontalier égypto-palestinien de Rafah en mai 2024, les marchandises ne peuvent en outre atteindre Gaza qu’à travers le territoire israélien. “Les camions doivent circuler depuis la frontière israélo-jordanienne, du port [israélien] d’Ashdod [au nord de Gaza] ou de Cisjordanie jusqu’aux postes de contrôle de Kerem Shalom [sud] et Zikim [nord], ce qui nécessite une coordination kafkaïenne avec les administrations israéliennes, dont celle des douanes.”
SOURCE : Courrier international
