Entretien de Monique Chemillier-Gendreau à « là-bas si j’y suis »

Le droit de la force ou la force du droit ? Entretien avec Monique Chemillier-Gendreau.
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Rendre impossible un État palestinien : l’objectif d’Israël depuis sa création
Le 15 mai
Extermination, déportation. Comme des métastases, le massacre de Gaza répand effroi, haine et aveuglement. Il est urgent de comprendre les racines de ce conflit qui a commencé bien avant le 7 octobre 2023.
Dans cette étude historique et juridique implacable qui remonte à la naissance du sionisme, Monique Gemillier-Gendreau, grande spécialiste du droit international, montre que jamais Israël n’acceptera de reconnaître un État palestinien vivant à ses côtés.
D’autant qu’aujourd’hui, au massacre des êtres s’ajoute le massacre du droit. Adossé à la toute puissance des États-unis, le pouvoir israélien viole depuis toujours le droit international en toute impunité. C’est pourtant le moyen le plus décisif pour sortir de cette guerre coloniale qui n’en finit pas. La force du droit contre le droit de la force. C’est la conviction de l’autrice : « ramener le conflit sous la lumière du droit ».
SIONISME
L’autrice évoque le sionisme auquel elle s’oppose. Il faut le rappeler, le sionisme est une doctrine politique comme une autre, comme le socialisme ou le gaullisme et qui comme telle, peut faire l’objet de critique, voire même de rejet dans l’espace démocratique.
Par chantage et intimidation, les sionistes radicaux tentent d’imposer un amalgame malhonnête entre antisionisme et antisémitisme afin d’inhiber toute critique de leur orientation politique. Ne pas se laisser intimider donc, mais rester vigilant et savoir cependant que l’antisémitisme peut parfois se dissimuler sous le masque de l’antisionisme.
INDIGNEZ-VOUS !
« Ce que fait le gouvernement de Benjamin Nétanyahou est inacceptable. Ce qu’il fait, c’est une honte ». Monsieur Macron est très fâché. Au bout de 19 mois de massacres, 53 000 morts, en majorité des femmes et des enfants, il a le courage de dire bien fort combien il est indigné. Ce que fait celui qu’il appelait pourtant tendrement Bibi, c’est une honte, il l’a dit carrément.
La réponse de Bibi n’a pas tardé. Pas de doute, Macron s’est rangé « du côté d’une organisation terroriste islamiste meurtrière pour en relayer la propagande ignoble, accusant Israël de crimes rituels ».
Monsieur Macron n’est pas le seul à s’indigner. Des personnalités de la communauté juive française comme la rabbine Delphine Horvilleur ou Anne Sinclair font soudain part de leur préoccupation au sujet de Gaza. Mais aussi des stars de cinéma, comme Richard Gere qui dénonce un génocide.
Mais ventre affamé n’a pas d’oreille et il y a peu de chance que ces états d’âme soient entendus par les Gazaouis que le gouvernement israélien fait littéralement crever de faim en direct sous les yeux du monde.
Depuis le 2 mars, Israël bloque l’entrée de toute aide humanitaire dans Gaza. Le 5 mai, Israël a annoncé une nouvelle campagne militaire pour la « conquête de Gaza », nécessitant le déplacement interne de la plupart des 2,1 millions d’habitants. Néthanyahou est clair : « Dans les prochains jours, nous entrerons avec toute notre force pour achever l’opération et vaincre le Hamas ». Il a ajouté que ses services s’employaient à trouver des pays prêts à accepter des habitants de Gaza, se disant convaincu que « plus de 50% » partiraient, et « même bien davantage ».
Mais le gouvernement israélien ne fait qu’appliquer le programme d’extermination qu’il avait annoncé au lendemain des attaques terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Rappelons-le, le ministre de la Défense Yoav Gallant avait annoncé un programme génocidaire qui continue d’être appliqué : « Pas d’électricité, pas de nourriture, pas d’eau, pas de carburant. Tout est fermé. Nous combattons des animaux humains et nous agissons en conséquence ».
Les critiques se concentrent sur Néthanyahou et son gouvernement d’ultradroite. Et il est de bon ton de souhaiter "une solution à deux États".
Mais un nouveau gouvernement suffirait-il à changer le cours de l’histoire ? Pour Ami Ayalon, ancien chef du Shin Bet, le service de renseignement intérieur d’Israël, « Israël est devenu son propre ennemi. Nous avons besoin que quelqu’un de l’extérieur nous éclaire sur nos erreurs."
JUSTICE POUR LA PALESTINE
Important : samedi 24 mai, 14h-18h, à l’Institut du monde arabe Conférence de Paris pour la protection du peuple palestinien, organisée par l’AFPS, l’Association France Palestine Solidarité, et dont Là-bas est partenaire.


