Faute de visa, ce Gazaoui doit renoncer à fuir la Palestine et à intégrer les Beaux-Arts d’Angers, où il était admis

lundi 24 août 2026

Momen vit dans des conditions difficiles à Gaza. Il attend de pouvoir fuir son pays, pour étudier en Europe • © Momen

L’école supérieure d’art et de design d’Angers lui avait proposé une place dans ses classes à la rentrée. Mais depuis un an, la France a gelé l’accueil des Gazaouis, et Momen doit renoncer à son rêve.

Il espérait passer son 25ème anniversaire en France, loin des bombes israéliennes. Mais faute de visa français, Momen*, jeune gazaoui âgé de 24 ans, doit renoncer à intégrer les Beaux-Arts d’Angers. Pourtant, à l’été 2025, l’école supérieure d’art de design TALM s’était engagée auprès du consulat de France à Jérusalem à l’accueillir lorsqu’il le souhaitait.

Depuis un an, il attendait le feu vert des autorités françaises. Mais ce feu vert n’est jamais arrivé. "Il faut que je me tourne vers d’autres projets", écrit-il, en anglais, lorsque nous échangeons par Whatsapp.

Fuir la guerre

Momen peine à mettre des mots sur la situation tant sa déception est immense. Lui qui a grandi dans la bande de Gaza avait un seul espoir : fuir. Depuis que le Hamas a attaqué Israël et que la guerre a commencé, le 7 octobre 2023, sa vie est un cauchemar. Lors de nos échanges, il nous envoie une photo de lui, blessé lors d’émeutes liées à des distributions alimentaires humanitaires. Son quotidien est rythmé par la violence et la faim.

Depuis plus d’un an, pourtant, il se préparait au grand départ. Il économisait notamment pour pouvoir louer un appartement une fois arrivé en France et suivait des cours d’anglais quotidiennement. Mais plus d’un an après sa demande d’évacuation, Momen se rend à l’évidence : la France ne lui attribuera pas de visa.

Les évacuations d’étudiants palestiniens gelées par la France

Le contexte géopolitique a joué en sa défaveur : le 1er août 2025, le gouvernement français a gelé l’accueil d’étudiants palestiniens, après avoir découvert des propos antisémites sur les réseaux sociaux d’une étudiante palestinienne admise à Sciences Po Lille. Mais Momen, lui, n’a rien à voir avec cette affaire.

Alors puisqu’il doit renoncer à la France, il tente sa chance chez nos voisins italiens. "Tout ce que j’espère c’est que j’atteindrai mon but", assure-t-il. L’université de Bologne a étudié son dossier, et accepté de l’admettre en licence de mathématiques à la rentrée 2026.

Je suis Palestinien. La vie m’a toujours forcé à faire des choses que je ne veux pas faire.

Momen Gazaoui en attente d’un visa pour l’Italie

L’espoir d’un refuge en Italie

Momen renonce donc à son rêve de devenir artiste, mais pas à celui de trouver refuge en Europe. "Je ne sais pas si je reviendrai aux arts un jour. Je suis Palestinien. La vie m’a toujours forcé à faire des choses que je ne veux pas faire. Je ne souviens pas avoir un jour choisi moi-même ce que je voulais faire dans ma vie", lâche Momen, qui a bon espoir d’obtenir un visa italien.

Pour l’heure, il tente de récolter de l’argent. Il a lancé une cagnotte, avec le soutien d’associations italiennes, et espère pouvoir récolter 7 000 euros pour étudier à Bologne cette année. Lorsqu’il sera en Italie, il travaillera, pour aider sa famille, qui reste en Palestine. Aujourd’hui Momen est optimiste. Il n’attend plus que l’autorisation de partir. "J’espère qu’un jour, lorsque j’aurai réussi, les gens entendront mon histoire."

Lorsque nous publions ces lignes, nous n’avons pas obtenu de réponse du ministère des Affaires Etrangères, que nous avons sollicité à propos de la demande de visa de Momen.

*Dans un précédent article, publié en août 2025, nous avions modifié son prénom pour préserver son anonymat, mais aujourd’hui, Momen veut s’exprimer en son nom propre.

Source : FRANCE INFO
https://france3-regions.franceinfo....


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