Gaza, jour 719 : Les tanks israéliens s’enfoncent dans Gaza-ville et détruisent tout sur leur passage

samedi 27 septembre 2025

38 personnes ont déjà été tuées depuis ce matin dans la bande de Gaza. Dix jours après l’entrée des troupes israéliennes au sol dans le plus grand centre urbain du territoire, la catastrophe humanitaire prend de l’ampleur et les morts se comptent chaque jour par dizaines. L’avancée des troupes israéliennes dans Gaza-ville provoque un exode massif des Palestiniens vers le sud de l’enclave.

Par l’Agence Média Palestine, le 25 septembre 2025.

Ghada Rabah est morte sous les décombres de sa maison dans le quartier de Tal Al-Hawa, au sud-ouest de Gaza-ville. Après un premier bombardement, elle avait appelé ses proches lundi dernier pour leur expliquer qu’elle était piégée dans les restes de son habitation pilonnée par les missiles israéliens. Elle aurait pu être sauvée. Mais l’armée israélienne a refusé de laisser la défense civile gazaouie accéder à la zone. La maison a été bombardée une nouvelle fois par l’aviation israélienne, et Ghada Rabah assassinée. Ce n’est pas une histoire originale, c’est le quotidien des massacres subis par les Palestiniens dans la bande de Gaza, qui se sont accentués depuis le début de l’offensive terrestre israélienne dans la plus grande agglomération de l’enclave palestinienne, il y a maintenant plus d’une semaine.

L’armée israélienne détruit tout

Les troupes israéliennes avancent, et les quartiers de Gaza-ville sont détruits les uns après les autres. Le quartier de Tal Al-Hawa est devenu ces derniers jours une des cibles privilégiées des bulldozers israéliens. En 24 heures, l’armée israélienne a annoncé avoir bombardé 170 fois l’enclave palestinienne.

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D’après Ibrahim Al-Khalili, reporter d’Al Jazeera sur place, “l’armée israélienne est stationnée sur trois axes, dans la ville de Gaza : l’axe nord-ouest dans le camp de réfugiés de Shati et le quartier de Nassr, l’axe nord-est près du quartier de Sheikh Radwan, et l’axe sud près de Tal al-Hawa.”

Le quartier de Sabra, qui a aussi subi de nombreuses attaques de l’armée israélienne, voit nombre de ses habitants encore piégés sous les décombres : “Ils sont coincés là-bas car s’ils décident de sortir, ils risquent d’être pris pour cible par les forces israéliennes. Les scènes de Palestiniens pris pour cible et de maisons résidentielles rasées au-dessus de la tête des habitants se répètent.”

Des habitations aux centres de santé, aucun bâtiment n’est épargné dans la ville de Gaza. Ces derniers jours, pas moins de sept infrastructures de santé ont été mises à l’arrêt de force en raison des attaques de l’armée israélienne. Parmi ces infrastructures, on trouve notamment l’hôpital pour enfants Al-Rantisi, ou encore l’hôpital international de l’œil, seul centre de santé public dédié à la vue dans cette zone. Les bombardements accrus dans le quartier de Tal al-Hawa ont endommagé la station d’oxygène de l’hôpital Al-Quds, qui ne tient désormais plus que grâce à quelques équipements qui pourraient tomber en panne dans les prochains jours, a averti aujourd’hui le Croissant rouge palestinien.

Le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza-ville se poursuit

D’après les dernières annonces du bureau des médias gazaoui, des centaines de milliers de Palestiniens ont fui la ville de Gaza ces dernières semaines. Conséquence de cet exode forcé massif, les gouvernorats gazaouis du sud et du centre se remplissent de réfugiés du nord à vue d’œil, et ont été déclarés pleins.

Dans sa déclaration, le bureau a expliqué : “Il n’y a plus d’espaces vides ou sûrs pour accueillir davantage de personnes déplacées.” Pendant ce temps, l’acheminement de tentes données dans l’enclave palestinienne continue d’être bloqué par l’armée israélienne, alors que les réfugiés s’entassent “dans des conditions qui ne répondent pas aux exigences minimales de la dignité humaine”.

Ces derniers jours seulement, des dizaines de milliers d’habitants de Gaza-ville ont pris la route pour fuir les tanks israéliens et les bombardements qui ravagent désormais la majeure partie de l’agglomération. Ces derniers partent sans savoir où aller, comme en témoigne Ahmed Salama, qui fuit le nord de la ville : “Nous allons dans le centre de Gaza et nous ne savons pas où nous allons séjourner. La zone d’évacuation d’Al-Mawasi est surpeuplée de personnes déplacées. Il n’y a pas un seul endroit où s’installer.”

Même chose pour Ahlam Aqel, elle-aussi déplacée de Gaza-ville : “Nous sommes arrivés dans cette région isolée sans tentes ni installations. Nous ne pouvons pas nous approvisionner en eau. Les enfants ne trouvent rien à manger car nous sommes loin de tout le monde.”

Dans une déclaration publiée mardi 23 septembre, le bureau des Nations Unies pour les droits humains dans les territoires palestiniens occupés a dénoncé “l’escalade des attaques contre les civils et les infrastructures civiles dans la ville de Gaza, qui ont contribué à l’augmentation du nombre de personnes déplacées” , mettant en garde contre “le risque que ces déplacements deviennent permanents”.

La situation humanitaire toujours plus dramatique

Philippe Lazzarini, chef de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé hier que Gaza détenait un nouveau record morbide. Avec plus de 4000 enfants concernés depuis le 7 octobre 2023, l’enclave palestinienne a désormais le taux le plus élevé d’amputations infantiles au monde. Il a déclaré sur X : “Les conséquences sur les enfants et l’enfance vont bien au-delà des blessures physiques et de la famine qui se propage. Les cicatrices des enfants sont profondes et invisibles : anxiété, cauchemars, agressivité, peur. Beaucoup sont contraints à mendier, à piller ou à travailler : une enfance perdue.”

En parallèle de ce constat terrifiant, l’OMS a aussi condamné la politique israélienne vis-à-vis de la famine déclarée il y a déjà près d’un mois par l’ONU dans la bande de Gaza. Pour l’OMS, le régime israélien n’a eu de cesse de nier cet état de famine depuis qu’il a été déclaré, tout en maintenant l’étau de son blocus sur la bande de Gaza. Depuis le 7 octobre 2023, 440 Palestiniens sont morts de faim dans l’enclave palestinien. 15600 malades sont toujours dans l’attente d’une évacuation pour recevoir des soins vitaux.

L’armée israélienne continue méticuleusement et en toute impunité de cibler les infrastructures de santé, les habitations et d’empêcher l’aide humanitaire d’être acheminée dans la bande de Gaza. Au 719ème jour de guerre génocidaire, le régime israélien a déjà tué 65502 personnes dans l’enclave palestinienne assiégée, d’après le dernier bilan du ministère de la Santé gazaoui.


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