IL NE RESTERA BIENTÔT PLUS RIEN À RECONNAÎTRE EN PALESTINE

Jinan. Elle s’appelait Jinan. Samedi dernier, Jinan est morte de faim dans la bande de Gaza. Sa mère est l’une des témoins avec lesquels Amnesty International s’est entretenue ces dernières semaines. « Cette petite fille que j’ai mise au monde, j’étais si heureuse quand elle est née, malgré la guerre. Elle était comme un petit miracle, mais je n’ai pas pu la nourrir, je n’ai pas pu la protéger. »
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Samedi, Jinan est devenue un nom en plus parmi les dizaines de personnes tuées délibérément par la famine provoquée depuis deux mois par le siège inhumain imposé par Israël. Sans qu’aucune aide d’urgence ne parvienne aux habitants de Gaza. Pas d’eau, pas de nourriture, pas de carburant. Il s’agit bien d’une punition collective mortelle, qui n’est autre qu’une violation flagrante du droit international. Affamer une population civile est un crime de guerre.
Jinan fait aussi partie des dizaines de milliers de Palestiennes et Palestiniens tués par les actions militaires israéliennes à Gaza depuis octobre 2023. Des bombardements impitoyables qui éliminent des familles entières, la destruction de toutes les infrastructures vitales, y compris les hôpitaux, des « ordres d’évacuation » successifs qui déplacent les civils vers des zones toujours plus restreintes, des assassinats délibérés d’humanitaires et de journalistes. Cela dure depuis des mois, si ce n’est le très bref cessez-le-feu. Les intentions derrière ces crimes ne laissent planer aucun doute. Les dirigeants israéliens sont clairs dans leurs paroles et leurs actes : l’objectif est de détruire les Palestiniens et Palestiniennes de Gaza. C’est un génocide en action.
Depuis sa mise sur pied, le gouvernement belge « Arizona » n’a pas pour autant pris de mesures décisives pour mettre fin au génocide en cours à Gaza. Toutefois, l’accord de coalition mentionne le respect du droit international. Le ministre des Affaires étrangères Prévot a récemment mis les points sur les i au Parlement, les présidents du CD&V et de Vooruit appellent également à une position belge plus forte. La nouvelle présidente de la N-VA, Van Peel, et le Premier ministre, Bart De Wever, semblent également adopter un ton quelque peu différent. En outre, les partis de la majorité annoncent travailler sur une résolution sur Gaza.
Dans le débat politique qui se dessine, la reconnaissance officielle de la Palestine fait l’objet de toutes les attentions. La pression monte pour que la Belgique rejoigne l’initiative lancée par le président Emmanuel Macron en faveur de la reconnaissance de la Palestine en tant qu’État. Le débat sur la reconnaissance ou non de la Palestine est en effet un sujet légitime de discussion politique. Mais ce débat risque de détourner l’attention s’il n’est pas accompagné d’une action immédiate pour stopper le génocide à Gaza. La situation est insoutenable et ne pourrait être plus urgente. Si la violence à Gaza ne cesse pas, le débat sur la reconnaissance de l’État palestinien risque de devenir un mirage.
SOURCE : Amnesty International
