Israël multiplie les meurtres aléatoires de civils dans la zone humanitaire d’Al-Mawasi

lundi 8 septembre 2025

Communiqué de presse Euro-Med Human Rights Monitor le 3 septembre 2025
https://euromedmonitor.org/en/article/6846/Israel-escalates-random-civilian-killings-in-claimed-humanitarian-zone-Al-Mawasi
Traduction IA

Territoire palestinien – L’escalade de l’armée israélienne dans ses attaques contre les personnes déplacées à Al- Mawasi transforme la « zone humanitaire » revendiquée par Israël en un piège mortel. Cela s’inscrit dans une politique systématique visant à priver les Palestiniens de sécurité où qu’ils se trouvent et à transformer chaque refuge en cible, dans le cadre du génocide visant à les éliminer dans la bande de Gaza.

L’armée israélienne tire directement sur les personnes déplacées dans leurs tentes à Al-Mawasi, au sud-ouest de la bande de Gaza, les tuant et les blessant au hasard, un crime quotidien commis sans aucune nécessité militaire ou sécuritaire. L’armée cible les tentes par des tirs de snipers, des tirs aléatoires de drones et de véhicules militaires à proximité, ainsi que par des frappes aériennes et des tirs d’artillerie, tout en affirmant que la zone est une zone humanitaire et en ordonnant l’évacuation de plus d’un million d’habitants de la ville de Gaza.

Photo : Vue générale des tentes surpeuplées de personnes déplacées après le déplacement des Palestiniens de la ville de Gaza vers la zone de Mawasi, à l’ouest de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, suite aux menaces militaires israéliennes d’occuper la ville de Gaza. (Abed Rahim Khatib/dpa/Alamy)

L’équipe de terrain d’Euro-Med Monitor a documenté des attaques répétées contre des tentes de déplacés dans la région ces derniers jours, tuant plusieurs civils, en blessant de nombreux autres et détruisant leurs tentes ainsi que les quelques effets personnels qu’ils possédaient encore, les privant de leurs derniers moyens de survie.

L’équipe a examiné plusieurs vidéos publiées par des membres de l’armée israélienne les montrant en train de tirer sur des Palestiniens dans des camps de déplacés, pour s’amuser ou parier sur leur précision. Cela démontre que ces tirs ne sont motivés par aucun objectif précis ni par une nécessité militaire, mais reflètent plutôt une politique délibérée visant à provoquer un maximum de morts et de destructions parmi les civils, tout en privant les Palestiniens de tout sentiment de sécurité.

Euro-Med Monitor a documenté le meurtre d’Ahlam Raed Fayez al-Shaer, 26 ans, mère de deux enfants, par des tirs de l’armée israélienne le matin du 1er septembre, alors qu’elle préparait du thé dans sa tente à Al-Mawasi.

Le beau-père d’Al-Shaer, Karam Hussein Saydam, 60 ans, a déclaré à l’équipe d’Euro-Med Monitor que sa belle-fille préparait du thé pour ses deux enfants, Ayman et Karam, dans le quartier d’Al-Mawasi à Khan Yunis lorsqu’un quadricoptère israélien lui a tiré une balle dans la tête devant eux.

Saydam a déclaré que ses deux petits-enfants sont désormais orphelins. Le 10 mai 2023, leur père, Ayman, a été tué par une frappe aérienne israélienne dans la ferme où il travaillait, à l’est de Rafah. Depuis, leur mère était leur seule source de soutien, subissant des déplacements répétés, la faim et la peur depuis le début de la guerre. L’armée israélienne l’a alors abattue d’un coup de feu direct, sans aucune justification ni nécessité.

De même, l’équipe d’Euro-Med Monitor a documenté le meurtre de la journaliste Iman Ahmed al-Zamili par des tirs de l’armée israélienne près du quartier d’Al-Mawasi à Khan Younès, le soir du 2 septembre, alors qu’elle tentait de se procurer de l’eau potable. L’équipe a également documenté le meurtre du journaliste universitaire Hassan Douhan, le 25 août, après avoir été abattu dans un camp de déplacés à Al-Mawasi.

Par ailleurs, Seila Firas Nafez Hamdan, cinq ans, a été blessée par balle dans le dos par les forces israéliennes le 16 août dans la même zone. « Nous déjeunions sous la tente lorsque nous avons entendu un violent coup de feu  », a raconté son père à l’équipe d’Euro-Med Monitor. « Nous avons alors réalisé que ma fille, Seila, avait été touchée par une balle qui lui avait traversé le dos et atteint le côté droit de sa poitrine. »

« Nous l’avons rapidement emmenée à l’hôpital, où elle est restée dix jours. Elle a subi une intervention chirurgicale, mais souffre toujours de ses blessures, notamment d’une rupture du foie, de toux persistante et de fièvre », a-t-il ajouté.

En plus des fusillades, les tentes de déplacés ont été à plusieurs reprises la cible de bombardements aériens, ainsi que de tirs d’artillerie provenant de canonnières et de chars israéliens. 15 personnes, dont 11 enfants et une femme, ont été tuées dans la région d’Al-Mawasi à Khan Yunis lors d’une attaque israélienne le samedi 23 août.

Cibler les civils à l’intérieur de « zones humanitaires » prétendument protégées témoigne d’une politique délibérée qui annihile le concept même de protection. Lorsque des zones désignées comme refuges sont transformées en arènes de tirs de snipers et de bombardements, il devient évident qu’Israël cherche à empêcher l’existence de tout refuge pour les Palestiniens. Cela témoigne d’une politique systématique visant à nier toute possibilité de sécurité dans la bande de Gaza, où les personnes déplacées risquent la mort sous les bombardements et les tirs, ou une mort lente due à la famine, à la maladie et à l’effondrement du système de santé.

Israël utilise le déplacement comme une arme unique pour commettre de multiples crimes. D’un côté, il force les civils à quitter leurs foyers sous prétexte de protection, de l’autre, il les cible dans les zones de déplacement. Le déplacement devient ainsi un outil coercitif essentiel pour rassembler et confiner les civils et infliger le plus grand nombre de victimes possible, transformant de prétendus refuges en abattoirs de masse.

Des milliers de familles déplacées à Al-Mawasi vivent dans des conditions humanitaires désastreuses, privées de biens de première nécessité comme la nourriture, l’eau potable et les médicaments, ce qui accroît les risques sanitaires et les rend vulnérables aux épidémies et aux infections. Nombre d’entre elles sont contraintes de vivre dans des tentes délabrées ou en plein air, sans protection contre la chaleur, le froid ou la pluie. La souffrance des enfants, des femmes et des personnes âgées est aggravée par le manque de soins médicaux et de services essentiels, dans un contexte de surpopulation sévère et d’absence d’infrastructures d’assainissement, transformant la zone en un environnement inhabitable menaçant des milliers de personnes d’une mort lente.

La poursuite de cette politique par Israël révèle sa volonté de ne laisser à la population de Gaza que deux options : une mort rapide par bombardements ou une mort lente par une famine massive orchestrée et la privation des biens de première nécessité. Ces actions constituent un génocide au regard du droit international, car elles reflètent une tentative systématique d’imposer des conditions de vie destinées à entraîner la destruction totale ou partielle du peuple palestinien.

L’Assemblée générale des Nations Unies doit agir d’urgence en vertu de la résolution 377 (V) « L’union pour le maintien de la paix », qui l’autorise à intervenir dans les situations où le Conseil de sécurité n’agit pas faute d’unanimité parmi ses cinq membres permanents. En vertu de cette résolution, l’Assemblée générale peut adresser des recommandations aux États membres de l’ONU concernant des mesures collectives visant à assurer le rétablissement de la paix et de la sécurité internationales.

L’Assemblée générale doit agir de toute urgence, conformément à la résolution susmentionnée, pour établir et déployer une force internationale de maintien de la paix dans la bande de Gaza. Cette mesure est nécessaire pour mettre fin aux crimes contre les civils, garantir leur protection, garantir un accès sans entrave à l’aide humanitaire, protéger les installations médicales et de secours, et mettre fin au ciblage systématique de ces installations. L’activation de ce mécanisme est un devoir à la fois juridique et moral de la communauté internationale afin de protéger plus de deux millions de personnes à Gaza du génocide et des graves violations en cours.

Tous les États, individuellement et collectivement, doivent remplir leurs obligations légales et agir d’urgence pour mettre fin à ce génocide à Gaza, en prenant toutes les mesures possibles pour protéger les civils palestiniens. Ils doivent faire respecter le droit international et les arrêts de la Cour internationale de Justice par Israël, et le tenir responsable de ses crimes contre les Palestiniens.


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