Israël tue le chef militaire du Hezbollah libanais dans une frappe sur la banlieue de Beyrouth

mercredi 26 novembre 2025

Haitham Ali Tabatabai avait été promu chef militaire du Hezbollah après la mort des principaux responsables militaires du mouvement durant la guerre avec Israël. C’est le plus haut responsable du Hezbollah à être tué depuis le cessez-le-feu.

Agence France-Presse, 24 novembre 2025

Israël a tué le chef militaire du Hezbollah lors d’une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth dimanche qui a visé un immeuble d’un quartier densément peuplé, faisant cinq morts selon les autorités libanaises.

Des hommes se tiennent dans l’appartement attaqué par l’armée israélienne le 23 novembre 2025 à Beyrouth, au Liban. © Photo Anonymous / Middle East Images via AFP

C’est le plus haut responsable du Hezbollah à être tué depuis la fin, il y a près d’un an, de la guerre meurtrière qui a opposé le mouvement pro-iranien à Israël et dont il est sorti décapité.

L’armée israélienne a affirmé avoir tué Haitham Ali Tabatabai dans ce qui a constitué une cinquième frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, depuis l’entrée en vigueur du cessez-le feu. Un peu plus tard, en soirée, le mouvement islamiste a confirmé que « le grand dirigeant » Tabatabai a été tué « à la suite d’une agression israélienne ».

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a assuré qu’Israël « ne permettra[it] pas au Hezbollah de reconstruire son pouvoir » et appelé le gouvernement libanais à « respecter son engagement à désarmer le Hezbollah », à la suite de cette attaque qui intervient une semaine avant la visite du pape Léon XIV au Liban.

Tabatabai, présenté par l’armée israélienne comme « le plus important commandant du Hezbollah », avait été promu chef militaire du Hezbollah après la mort des principaux responsables militaires du mouvement durant la guerre avec Israël.

« Comme un éclair »

Dans le quartier qui a été visé, la frappe a touché les troisième et quatrième étages d’un immeuble qui en compte neuf, et a laissé plusieurs voitures calcinées à son pied, a constaté un journaliste de l’AFP.

Pour lire la suite : https://www.mediapart.fr/journal/international/241125/israel-tue-le-chef-militaire-du-hezbollah-libanais-dans-une-frappe-sur-la-banlieue-de-beyrouth?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=TRANSAC&utm_content=&utm_term=&xtor=EPR-1013-%5Barticle-offert%5D&M_BT=1028046793474

Ce dernier a vu les secouristes évacuer un corps enveloppé dans un sac blanc et au moins six blessés, dont trois femmes, de l’immeuble au rez-de-chaussée duquel s’alignent une pâtisserie, un magasin de jouets et une boutique d’électroménager.

« Je rendais visite à ma mère et j’étais sur le balcon », a raconté à l’AFP un homme qui se trouvait dans un immeuble faisant face au bâtiment touché. « Il y a eu comme un éclair, puis j’ai percuté la balustrade et tout le verre s’est brisé », a ajouté ce quadragénaire en état de choc, qui n’a pas souhaité dire son nom.

Cinq personnes ont été tuées et vingt-huit blessées, selon le ministère libanais de la santé.

Benyamin Nétanyahou, qui avait juré de « faire tout le nécessaire » pour empêcher un renforcement du mouvement pro-iranien, « a ordonné l’attaque sur recommandation du ministre de la défense et du chef d’état-major », selon ses services.

Le président libanais Joseph Aoun a, lui, appelé la communauté internationale à « intervenir sérieusement et avec force pour mettre fin aux attaques contre le Liban » menées par Israël, soulignant que le Liban respectait de son côté le cessez-le-feu.

Yémen et Syrie

Israël a récemment intensifié ses frappes dans les bastions du Hezbollah au sud et à l’est du Liban, où il affirme viser le mouvement chiite, qu’il accuse de violer le cessez-le-feu en se réarmant et réactivant ses infrastructures.

Le Hezbollah avait lancé les hostilités en ouvrant un front contre Israël au début de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas sur le sol israélien du 7 octobre 2023. Un cessez-le-feu est en vigueur dans le territoire palestinien depuis le 10 octobre.

« Nous continuerons à agir avec force pour prévenir toute menace contre les habitants du nord et l’État d’Israël. Quiconque lèvera la main contre Israël verra sa main coupée », a martelé le ministre israélien de la défense, Israël Katz.

Le nom de Tabatabai, né en 1968 selon le communiqué du Hezbollah, était inconnu du grand public au Liban.

Il était, avant de prendre ses fonctions, « responsable du dossier du Yémen » au sein du Hezbollah, qui soutient les rebelles houthis, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Il avait également occupé des fonctions en Syrie, où la formation soutenait militairement le pouvoir de Bachar al-Assad selon les États-Unis, qui l’avaient placé sur leur liste des personnes liées au terrorisme.

Le Hezbollah est sorti affaibli du conflit avec Israël, qui a culminé en deux mois de guerre ouverte avant la trêve, et assure depuis respecter le cessez-le-feu.

Pour leur part, les autorités libanaises accusent régulièrement Israël de violer l’accord de cessez-le-feu conclu sous médiation américaine, en poursuivant ses frappes et en continuant d’occuper cinq points stratégiques du sud du territoire libanais.

Les États-Unis font dans le même temps pression sur le gouvernement libanais pour qu’il oblige le Hezbollah à rendre ses armes, ce que le groupe a jusqu’à présent refusé de faire.


Navigation

Agenda

Array

<<

2025

 

<<

Décembre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031