L’économie politique mondiale qui permet le génocide, l’occupation et l’apartheid doit être remise en cause

lundi 22 septembre 2025

Par leur complicité, leur soutien ou leur passivité délibérée, des États, des institutions publiques et des entreprises du monde entier permettent les violations du droit international commises par Israël ou en profitent, notamment son génocide en cours contre la population palestinienne dans la bande de Gaza occupée, son occupation illégale de l’ensemble du territoire palestinien occupé et son système cruel d’apartheid contre tous les Palestiniens et Palestiniennes dont il contrôle les droits, a déclaré Amnesty International dans un rapport publié jeudi 18 septembre 2025, qui adresse des appels urgents aux États et aux entreprises.

Source : Amnesty international le 18 septembre 2025

« Il est plus que temps que les États, les institutions publiques, les entreprises, les universités et les autres acteurs privés renoncent à leur addiction meurtrière aux gains économiques et au profit à tout prix. Le maintien par Israël d’une occupation illégale prolongée et d’un système d’apartheid pendant des décennie n’aurait pas pu se faire sans le soutien approfondi et durable dont il a bénéficié par le biais de ses relations économiques et commerciales. Pour pouvoir mener des bombardements incessants pendant 23 mois et commettre le génocide en cours, il a eu besoin d’un approvisionnement continu en armes et en équipements de surveillance, rendu possible par des relations commerciales privilégiées et des États et entreprises prêts à fermer les yeux sur l’indéfendable », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

« Tout cela doit cesser. La dignité humaine n’est pas une marchandise. Tandis que les mères palestiniennes de Gaza en sont réduites à regarder leurs enfants dépérir de faim dans le contexte du génocide israélien, des entreprises, notamment d’armement, continuent de récolter d’importants profits. Amnesty International appelle ses membres et sympathisant·e·s du monde entier à exiger l’arrêt immédiat de l’économie politique qui est à la base des crimes internationaux d’Israël.

« Le rapport du 18 septembre d’Amnesty International détaille les mesures que les États doivent prendre pour respecter leurs obligations – de la mise à l’index et l’interdiction des entreprises qui contribuent ou sont directement liées aux crimes israéliens à une législation et une réglementation efficaces, en passant par le désinvestissement et l’arrêt des achats ou des contrats. Il contient également une liste de mesures à prendre par les entreprises, comme la suspension des ventes ou des contrats et le désinvestissement.

« Ce rapport désigne aussi nommément 15 entreprises qu’Amnesty International a identifiées comme contribuant à l’occupation illégale, au génocide ou à d’autres crimes de droit international commis par Israël. Parmi elles figurent les multinationales américaines Boeing et Lockheed Martin, les compagnies israéliennes d’armement Elbit Systems, Rafael Advanced Defense Systems et Israel Aerospace Industries (IAI), l’entreprise chinoise Hikvision, le constructeur ferroviaire espagnol Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles (CAF), le conglomérat sud-coréen HD Hyundai, la société américaine de logiciels Palantir Technologies, la firme technologique israélienne Corsight, et la compagnie publique israélienne des eaux Mekorot.

« Mais ne nous méprenons pas : ces 15 entreprises ne représentent qu’un petit échantillon de toutes celles qui sont responsables d’apporter leur soutien à un gouvernement qui orchestre la famine et le massacre de civil·e·s et prive les Palestiniens et Palestiniennes de leurs droits fondamentaux depuis des décennies. Tous les secteurs économiques, la grande majorité des États et de nombreuses entités privées ont, en toute connaissance de cause, contribué au génocide commis par Israël à Gaza, à son occupation violente du territoire palestinien occupé et à l’apartheid imposé dans ce territoire, ou en ont tiré profit. »

Amnesty International publie cette série d’appels urgents aux États et aux entreprises à l’occasion de l’anniversaire de l’adoption, le 18 septembre 2024, de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies exigeant qu’Israël mette un terme à son occupation illégale du territoire palestinien dans les 12 mois. Cette résolution a été adoptée en application de l’avis consultatif de juillet 2024 de la Cour internationale de justice (CIJ), qui a déclaré que l’occupation du territoire palestinien par Israël était illégale aux termes du droit international, que ses lois et politiques discriminatoires à l’égard de la population palestinienne dans le territoire palestinien occupé violaient l’interdiction de la ségrégation raciale et de l’apartheid, et qu’il fallait mettre un terme rapidement à la présence israélienne sur ce territoire.

« Le délai de 12 mois donné par l’Assemblée générale des Nations unies à Israël pour se retirer du territoire palestinien occupé expire le 18 septembre, mais Israël continue d’affamer et de massacrer quotidiennement des Palestinien·ne·s. La plupart des États membres n’ont pratiquement rien fait pour pousser le gouvernement israélien à respecter cette résolution. Ils doivent mettre fin à leur passivité délibérée, qui est indéfendable, et suspendre immédiatement toutes les activités qui contribuent aux violations du droit international commises par Israël, sous peine de risquer de devenir complices des crimes contre l’humanité d’apartheid et de génocide, entre autres crimes de droit international », a déclaré Agnès Callamard.

Amnesty International appelle les États à interdire totalement, avec effet immédiat, la fourniture à Israël d’armes et d’équipements et services militaires et de sécurité, ainsi que d’équipements de surveillance, de dispositifs d’intelligence artificielle et d’infrastructures de type cloud utilisés pour soutenir des activités de surveillance, de sécurité et militaires. Cette interdiction doit aussi s’appliquer au transit et au transbordement d’armes, d’équipements militaires et de sécurité et de pièces détachées et composants connexes transférés à Israël via leur territoire, par leurs ports, aéroports ou espaces aérien et terrestre.

L’organisation demande également l’arrêt du commerce avec les entreprises, où qu’elles soient établies dans le monde, qui contribuent au génocide, à l’apartheid ou à l’occupation illégale imputables à Israël, ainsi que des investissements dans ces entreprises. Il s’agit au grand minimum des entreprises citées dans le rapport du rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, ainsi que de celles figurant dans la base de données des entreprises contribuant aux colonies illégales établie par les Nations unies. Les États doivent veiller à ce que les entreprises présentes sur leur territoire se conforment à ces interdictions.

Entreprises contribuant à l’occupation illégale et/ou aux crimes de droit international dont Israël est responsable

Amnesty International a recueilli des informations sur les atteintes aux droits humains commises par plusieurs de ces entreprises depuis des années et a écrit à toutes les entreprises citées dans son rapport pour les interroger sur leurs activités en Israël et dans le territoire palestinien occupé, ainsi que pour leur exprimer sa préoccupation quant aux violations des droits humains décrites dans ce document. Seules cinq d’entre elles ont répondu en 2025 ; leurs réponses sont prises en compte dans le rapport.

Pour poursuivre la lecture : https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/09/global-confronting-the-global-political-economy-enabling-israels-genocide-occupation-and-apartheid/


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