LA FRANCE SUSPEND LES EVACUATIONS PROMISES...

mercredi 13 août 2025

Le 5 aout 2025, nous avons publié un article et une pétition :

Arrêt des évacuations de Gaza : des universitaires appellent à leur reprise immédiate
https://www.assopalestine13.org/Arret-des-evacuations-de-Gaza-des-universitaires

Pour appuyer cette action, une militante de l’AFPS (Paris Sud), Geneviève Coudrais,
a écrit au président de la république et au ministre des affaires étrangères.

Vous trouverez ci-dessous les informations concernant le contexte, la lettre
de Geneviève que vous pouvez utiliser, ainsi que toutes les informations utiles
pour envoyer des courriers et augmenter la pression !!!
A la fin, vous pourrez lire une lettre poignante de Ziyad sur les conditions de vie à Gaza...

- Contexte :
Ziyad Medoukh que beaucoup d’entre vous connaissent, qui a choisi
jusqu’alors de rester à Gaza, et qui nous a tenu régulièrement informé
a alerté certains d’entre nous du fait que les autorités israéliennes
s’opposaient au départ d’un groupe de chercheurs dont il fait partie,
sélectionnés pour venir en France. Il est insupportable d’être ainsi
impuissants et il importe de tenter une pression sur nos propres
autorités qui ne sont pas responsables, au premier chef, mais disposent
de tous moyens pour faire aboutir cette évacuation. Pour ma part, j’ai
envoyé ce message (ci-dessous) sur le formulaire qui figure sur le site
de l’Elysée et je vais faire de même auprès du MEAE
 Nous sommes nombreux à AFPS (pas assez !) - et si tous faisaient de même ?

Solidairement - Geneviève Coudrais (AFPS Paris Sud)

- La lettre de Geneviève, que vous pouvez utiliser pour envoyer vos courriers

"Monsieur le Président,
Dans une tribune au « Monde » datée du 19 mai 2025, un collectif de
quelques 350 universitaires, parmi lesquels Patrick Boucheron, Didier
Fassin et Edith Heard, demandait au gouvernement français d’intervenir
pour évacuer douze chercheurs et artistes gazaouis sélectionnés par le
Programme national d’Accueil en Urgence des Scientifiques et artistes en Exil (Pause).

Deux mois plus tard, ils sont toujours 10, bloqués à Gaza, après
l’assassinat d’Ahmed Shamia, architecte de 42 ans.

Comme l’a précisé, au cours d‘un échange téléphonique un des dix
lauréats, ce groupe est encore retenu à Gaza par les autorités
israéliennes, sans aucun motif avancé, alors que le consulat français
les soutient totalement et que leurs visas sont disponibles et que tout
est prêt pour les faire sortir de Gaza et les accueillir en France avec
leurs familles.

Quelle absurdité aussi insensée que mortifère de la part d’un
gouvernement qui affiche clairement la volonté de chasser tous les
Gazaouis de leur territoire !

Il est urgent et impératif que le gouvernement français exige, par tous
moyens à sa disposition - diplomatiques, politiques, économiques -, du
gouvernement israélien la sortie immédiate de ce groupe.
Il est impensable que la France ne soit pas en mesure d’obtenir au moins cela !

Vous seriez alors assuré, Monsieur le Président, de ma haute considération
Geneviève Coudrais"

- Pour envoyer les courriers :

Si vous hésitez à prendre le temps d’écrire, lisez la lettre de Ziad ci-dessous...

ELYSEE. Palais de l’Eysée, 55 rue du Faubourg Saint Honoré, 75008 - Paris
tel 01 42 92 81 00
Ecrire un message : www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/

MEAE. Jean-Louis Barrot ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères, 37 quai d’Orsay, SP 07, 75700 - Paris
tel 01 43 17 53 53

- PAUSE. Programme d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil, programme du Collège de France, 11, Place Marcellin Berthelot, 75231 Paris Cedex
envoyer un message signalant le courrier ou mel envoyés à l’Elysée et/ou au MEAE : www.programmepause.fr/contact/

- Enfin, la lettre de Ziad Medoukh, professeur de français à Gaza

Gaza meurt de faim

Après 22 mois de cette agression horrible, la situation va de mal en pire dans la bande de
Gaza. En plus des bombardements intensifs et incessants, l’insécurité, les sentiments d’angoisse, de peur, d’inquiétude, d’attente, notamment dans le nord de la bande de Gaza, une vraie famine s’est installée.

Et moi, personnellement, je vis… Je suis en train de vivre la détresse totale.

C’est difficile de raconter, de décrire tant la situation est horrible. Depuis presque deux
semaines, il n’y a quasi rien sur le marché. Les produits sont introuvables et le peu qu’on y
trouve, ce sont quelques pâtes, quelques boîtes de conserve, lentilles, haricots blancs,
petits pois, ça coûte très très cher, des prix impensables.

Je vais tous les jours au marché et je reviens sans rien. Cela me fait de la peine pour les
enfants, pour les gens qui habitent avec moi. Tout le monde souffre.

Le slogan « Personne ne meurt de la faim à Gaza » a été remplacé par « Tout le monde
crève de faim à Gaza ».

La solidarité familiale et sociale qui a toujours été un point fort dans l’enclave palestinienne, même assiégée, est devenue minimale.

En ce qui me concerne, je reste parfois deux ou trois jours sans rien manger. Je préfère
donner un morceau de pain pour mes enfants au lieu de manger. On est arrivés à une
situation catastrophique.

Seuls deux ou trois camions de ravitaillement passent par jour, destinés aux organisations
internationales, organisations qui mettent leur contenu dans leurs dépôts sous prétexte
qu’il n’y a pas assez pour distribuer à tout le monde. Ces dépôts sont régulièrement
attaqués par des groupes armés ou par des personnes affamées.

Le soir, il y a des groupes armés ou des personnes affamées qui volent ces denrées
alimentaires et les organisations internationales disent qu’elles ne peuvent rien faire.

Je ne sais pas, est-ce qu’elles ont leurs propres clientèles, ou est-ce qu’elles sont complices de ce piège mortel, de cette famine utlisée comme arme de guerre par l’occupation ?

Dans les faits, l’occupation a créé deux centres de distribution gratuite depuis le 27 mai
dernier, mais seulement au sud et au centre de la bande de Gaza. Ces centres sont gérés
par une société américaine, des mercenaires américains complices avec l’occupation.

Les cartons contenant des sacs de farine et de la nourriture sont jetés hors des camions et
quand la population affamée s’approche pour récupérer quelques sacs ou quelques boîtes
de conserve, l’occupation lui tire dessus.

Depuis le 27 mai jusqu’à fin juillet 2025, il y a eu 1130 morts et 6900 blessés palestiniens.
Cela montre que ce plan de créer ces centres de distribution gratuite, est un
piège mortel pour les Palestiniens de Gaza.

Il y a de plus des commerçants malhonnêtes qui récupèrent l’aide puis la revende
beaucoup plus cher à Gaza ville. Exemple : Si un sac de farine de 25 kg s’achète 250 € (10 €
le kilo) il sera revendu 50 à 60 € le kilo à Gaza ville. Pour 1 kg de sucre, il faut compter
130 €. 1 kg de riz, 80 € ! Impensable !

Le problème, c’est qu’il n’y a plus ni autorités, ni gouvernement, ni société civile pour gérer
la situation, organiser le marché et contrôler les prix. Sans prendre en considération les
besoins énormes de toute une population civile, les commerçants décident eux-mêmes des
prix pour profiter au maximum, les augmentent, même si les produits ont été soit volés,
soit récupérés gratuitement, soit achetés à très bas prix par des personnes qui ont pris de
grands risques pour aller les chercher.

Comment la population survit-elle dans cette situation extrême ? Personnellement, je
souffre et, pourtant, je fais partie de la classe moyenne.

Avec d’autres habitants, nous avons décidé de boycotter les commerçants qui profitent,
mais jusqu’à quand ?

Je dois nourrir mes enfants, mais c’est trop cher.
Le soir, quand tout le monde dort, je pleure pour cacher mon impuissance. C’est la
souffrance totale.

Je me pose toujours la question : est-ce que je suis têtu ? Est-ce que, parce que j’ai refusé
de quitter Gaza, j’en paie aujourd’hui les conséquences ? Je ne sais pas. Mais c’est difficile
de raconter, de décrire ma détresse totale, mon incapacité d’agir dans cet enfer, parce que
c’est l’impuissance totale.

Et pourtant, moi, je suis privilégié parce que j’ai des amis, j’ai des réseaux. Je parle avec
une dizaine de personnes par jour sur Internet. On échange, on discute, ils me soulagent,
m’envoient des photos, des vidéos de la solidarité.

Je suis actif dans la société civile, j’essaye de soulager la douleur des enfants, leur peine
d’être privés de tout en organisant des activités, en distribuant des jeux, mais à l’intérieur
de moi-même, trop, c’est trop. Je souffre au quotidien.

Je suis malade, je n’arrive pas à me soigner. Il n’y a pas d’hôpitaux, il n’y a pas de
médicaments, il n’y a pas de laboratoire, donc la situation est terrible.

Je ne sais pas quoi faire. Le sentiment d’impuissance et horrible. Et pourtant, comme je
viens de le dire, moi j’ai un réseau, je parle avec les gens... J’essaye de passer beaucoup de
temps en écrivant, en témoignant, en échangeant avec les amis, les solidaires, mais trop,
c’est trop.

Néanmoins, pour une fois, j’ai décidé de laisser tomber mon orgueil, et j’ai demandé de
l’aide par l’intermédiaire de quelques amis français, suisse ou belges ayant des liens avec
des structures qui financent des associations à Gaza. Ces associations prétendent distribuer
de la nourriture à des centaines de familles dans la ville de Gaza et envoient des photos et
des vidéos de leurs actions tous les jours sur les réseaux. J’ai demandé un peu de
nourriture pour ma famille et moi, ainsi que pour les déplacés de mon immeuble.

La réponse des associations est qu’elles ne peuvent rien fournir car tout est cher. Mais
comment font-elles alors pour nourrir des centaines de familles comme elles le prétendent,
photos et vidéos à l’appui ? Pourquoi ne peuvent-elles pas m’envoyer quelques denrées
alimentaires ou des repas chaud ?

On sent que tout le monde est complice pour briser la volonté de la population civile déjà
épuisée et horrifiée.

Imaginez-vous, les gens sont en train de tomber dans la rue. Souvent, quand je sors le
matin pour chercher de l’eau potable, du bois ou de la nourriture, je vois des jeunes - je ne
parle ni des enfants ni des personnes âgées - mais des jeunes de 20 à 25 ans qui tombent
dans la rue parce que ça fait plusieurs jours qu’ils n’ont pas mangé.

Jusqu’à jeudi 24 juillet 2025, 115 palestiniens dont 85 enfants sont morts à cause de la
malnutrition.

Il n’y a rien, il n’y a rien dans le nord, il n’y a rien dans la ville de Gaza, tout est très cher.
Jusqu’à quand va-t-on pouvoir supporter l’insupportable ? On est toujours là, on essaye de
tenir bon, on essaie de montrer qu’on est fort, mais trop c’est trop.

Quel que soit le témoignage, la réalité est plus dure que les photos et les vidéos envoyées
sur les réseaux sociaux.

Il n’y a pas que la famine qui rend la vie insupportable à Gaza. Les bombardements
incessants minent le moral des habitants qui ne savent plus où trouver de l’espoir.
Voilà ce que je voulais partager avec les amis. Peut-être que cela va me soulager un peu…


Agenda

Array

<<

2026

 

<<

Janvier

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031