LES FLOTTILLES pour GAZA

lundi 27 juillet 2026

Mouvement pour l’Abolition de la Guerre 2026

Le peuple de Gaza est emprisonné et coupé du monde depuis 40 ans — y compris lorsqu’il est bombardé — en raison du contrôle des frontières par l’armée israélienne. Des responsables israéliens ont exprimé l’intention d’affamer la population de Gaza, et de nombreux Palestiniens ont souffert de la famine. Depuis de nombreuses années maintenant, des personnes compatissantes tentent d’apporter une aide à Gaza, parfois par voie terrestre, mais le plus souvent par voie maritime. Ces tentatives n’ont cessé de croître en ampleur et ont contraint les gouvernements et les médias du monde entier à accorder une plus grande attention aux horreurs infligées aux Palestiniens par le gouvernement israélien.

Le prix du Mouvement pour l’Abolition de la Guerre de 2026 a été décerné par la vice-présidente de World BEYOND War, Liz Remmerswaal, aux Flottilles pour Gaza, honorant ainsi tous ceux qui ont participé et soutenu ces efforts au fil des ans. Ont accepté le prix au nom de l’ensemble du mouvement des représentants de deux organisations clés : Thiago de Ávila e Silva Oliveira, au nom de la Flottille Global Sumud, et Ismail Behesti, au nom de la Coalition de la Flottille de la Liberté.

En 2008, cinq bateaux du Free Gaza Movement ont atteint Gaza, marquant la première rupture du blocus naval israélien. Aucun bateau n’a atteint Gaza depuis 2008, à l’exception des restes d’un bateau de la flottille de 2026 qui s’est échouée sur les côtes de Gaza. Tous les bateaux ont été attaqués ou détournés par l’armée israélienne.

En 2010, les troupes israéliennes ont pris d’assaut le Mavi Marmara et six autres navires en eaux internationales , tuant 10 militants et en blessant des dizaines, ce qui a provoqué une indignation mondiale. En 2011, la Flottille de la Liberté II a réuni plus de 300 participants du monde entier et devait appareiller avec 10 navires. Mais le sabotage des navires et les restrictions imposées par la Grèce, d’où les bateaux devaient partir — cédant aux pressions d’Israël — ont empêché tous les bateaux de prendre la mer. Le Dignite-Al Karama s’est approché de Gaza. Les troupes israéliennes ont intercepté le navire. En 2012, le grand voilier Estelle a tenté de briser le blocus naval israélien illégal de Gaza. En 2015, la Flottille de la Liberté III a fait une nouvelle tentative avec quatre navires. Le Marianne était à 100 milles nautiques des côtes de Gaza avant que les troupes israéliennes ne montent à bord. En 2016, le Bateau des Femmes pour Gaza a tenté de briser le siège. La Flottille de la Liberté pour Gaza en 2018, avec deux bateaux, Al Awda et Freedom, a connu le même sort, et les participants ont rapporté avoir été agressés par des Israéliens.

Les efforts se sont intensifiés en 2024 avec la Flottille de la Liberté pour Gaza tentant d’acheminer 5 000 tonnes d’aide sur trois navires. En 2025, Israël a commencé à attaquer les navires de la Coalition de la Flottille de la Liberté avec des drones, endommageant gravement le Conscience au large de Malte. Les FOI ont utilisé des pulvérisations chimiques provenant de drones sur les navires Madleen et Handala de la FFC avant de monter à bord.

Fin 2025, une nouvelle organisation, la Flottille Global Sumud, a fait naviguer 42 bateaux, un nombre sans précédent. Quelques jours plus tard, la Coalition de la Flottille de la Liberté a fait naviguer le Conscience avec 92 personnes à bord, en collaboration avec l’organisation Thousand Madleen et ses huit voiliers. Aucune des deux flottilles n’a atteint Gaza, mais une plus grande attention a été portée aux souffrances du peuple de Gaza, et des pressions plus fortes ont été exercées sur différents pays pour qu’ils cessent de financer des armes à destination d’Israël, qu’ils ne gênent pas, voire qu’ils soutiennent les flottilles, et qu’ils s’expriment pour protéger leurs citoyens parmi les participants des flottilles.

En 2026, la Flottille Global Sumud

— après avoir tenté de bloquer un navire transportant du matériel militaire vers l’armée israélienne — a de nouveau tenté d’atteindre Gaza avec de l’aide en utilisant plus de bateaux que jamais, partant de divers ports de la Méditerranée en mars et avril. Deux mille personnes, citoyennes et citoyens de plus de 45 pays, ont activement participé à l’organisation de cette flottille, et 600 personnes ont navigué sur 81 bateaux. Cinq bateaux de la Coalition de la Flottille de la Liberté ont pu naviguer avec 37 personnes à bord.

Près de 500 civils non armés se sont retrouvés face à face avec des troupes lourdement armées, appartenant à l’une des armées les plus meurtrières au monde. Après des années durant lesquelles le monde a vu les vidéos d’un génocide, ce sont maintenant les vidéos des navigantes et des navigants, maltraité.e.s par les soldats et les hauts responsables israéliens, qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Un grand nombre de navigant.e.s ont subi de graves blessures, mais elles/ils sont rentré.e.s chez eux la tête haute, acclamé.e.s par des millions de personnes dans le monde entier. Les gouvernements ont été contraints de réagir, et les médias traditionnels ont été contraints de rendre compte, non seulement des mauvais traitements infligés aux participants des flottilles, mais aussi de ceux infligés aux Palestiniens.

Le président de la Corée du Sud a vivement critiqué le gouvernement israélien et a envoyé des diplomates pour exiger la libération immédiate des deux participants sud-coréens. Le ministère espagnol des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade d’Israël à Madrid et a fermement condamné l’opération. Plusieurs gouvernements et organisations de défense des droits de l’homme ont qualifié l’« interception » des navires de violation du droit international. Les ministères des Affaires étrangères de plusieurs pays, dont la France, le Canada, les Pays-Bas, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Corée du Sud, la Suède, la Suisse, la Grèce, l’Allemagne, la Pologne, le Qatar, la Slovénie, la Turquie, l’Autriche, la Belgique, la Colombie, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, ont condamné le traitement des militants kidnappés. La France a interdit au ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, d’entrer dans le pays. La Pologne a imposé une interdiction d’entrée de cinq ans à Ben-Gvir. L’Irlande a interdit à Itamar Ben Gvir et au ministre des Finances Bezalel Smotrich d’entrer sur son territoire. Le New York Times a longuement écrit sur la torture des Palestiniens par Israël.

Le gouvernement des États-Unis, protecteur éternel des actions criminelles de l’État d’Israël, a condamné la flottille comme il le fait depuis 2008, tout en continuant à soutenir le génocide israélien des Palestiniens à Gaza, le nettoyage ethnique en Cisjordanie, la destruction du sud du Liban et l’attaque contre l’Iran.

« Les flottilles sont une action collective de milliers de personnes à travers le monde qui croient que le génocide doit cesser et qu’une paix véritable avec justice doit être obtenue pour les Palestiniens et tous les peuples opprimés du monde », a déclaré Thiago de Ávila e Silva Oliveira.


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