La 11e étape de la Vuelta neutralisée à 3 km de l’arrivée en raison d’une manifestation pro-palestinienne
La 11e étape de la Vuelta a été rabotée ce mercredi en raison des mouvements de protestation pro-palestiniens au niveau de la ligne d’arrivée. Les temps ont été gelés à trois kilomètres de l’arrivée.
Thomas Perotto, publié le 3 septembre 2025
Pas d’arrivée, pas de vainqueur et des temps gelés à trois kilomètres de la ligne à Bilbao. Cette 11e étape de la Vuelta a connu un drôle de dénouement ce mercredi. Un peu après 17 heures, l’organisation a ainsi décidé, par mesure de précaution et de sécurité, en raison des mouvements de protestation de manifestants pro-palestiniens au niveau de la ligne d’arrivée, de raboter l’étape. Celle-ci devait initialement se disputer sur 157,3 kilomètres et après sept difficultés répertoriées en plus de l’arrivée punchy à Bilbao.
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Sportivement, Tom Pidcock (Q36.5) a profité de la côte de Pike (2,1 km à 9,2 %) pour attaquer et prendre un peu de champ. Seul Jonas Vingegaard (Visma-Lease a bike), le leader de cette Vuelta, a été en mesure de prendre sa roue, et les deux hommes ont franchi ensemble la ligne fictive à trois kilomètres de l’arrivée (le Danois devant le Britannique). Le reste des favoris, dont Joao Almeida (UAE Emirates-XRG), sont arrivés douze secondes après. Sur la ligne, la vraie, la sécurité des coureurs n’était plus assurée avec des manifestants ayant pénétré sur la chaussée. La course a donc logiquement été neutralisée après avoir passé ces trois derniers kilomètres.
Bonifications au sommet de la côte de Pike et écart sur la ligne fictive : Vingegaard reprend douze
Jonas Vingegaard (Visma-Lease a bike) et Tom Pidcock (Q36.5) ont passé la ligne fictive à trois kilomètres de l’arrivée avec dix secondes d’avance sur un groupe de favoris où figurait Joao Almeida (UAE Emirates-XRG), Jai Hindley (Red Bull-Bora Hansgrohe), Matteo Jorgenson (Visma-Lease a bike) et Felix Gall (Decathlon AG2R La Mondiale). Au sommet de la côte de Pike, Pidcock avait récolté 6 secondes de bonifications, Vingegaard 4 secondes et Almeida 2 secondes. Au classement général désormais officiel, Vingegaard compte donc 50 secondes d’avance sur son dauphin, Almeida (il y avait 38 secondes d’écart entre les deux avant l’étape), et 56 secondes sur Pidcock, 3e.
Deux déjà alertes sur cette Vuelta, lors de la 5e et 10e étape
La première grosse alerte avait eu lieu le 27 août, durant le contre-la-montre par équipes disputé autour de Figueres (5e étape) : la formation Israël-Premier Tech avait été ralentie par des manifestants pro-palestiniens. Certains coureurs avaient dû poser pied à terre après seulement deux minutes de course. Une nouvelle manifestation avait eu lieu ce mardi, lors de la 10e étape. Des manifestants avaient tenté de traverser la route au passage du peloton, entraînant la chute de l’Italien d’Intermarché-Wanty Simone Petilli. « Je comprends que ce n’est pas une bonne situation, mais hier j’ai eu un accident à cause d’une manifestation sur la route, avait écrit Petilli sur les réseaux mardi soir. S’il vous plaît, nous ne sommes que des cyclistes et nous faisons notre travail, mais si cela continue ainsi, notre sécurité n’est plus garantie et nous nous sentons en danger... » Des manifestants avaient aussi pris place sur la largeur de la route ce mercredi pendant le départ fictif de la 11e étape.
Depuis le début de la Vuelta, les mesures de sécurité ont été renforcées autour de la formation dirigée par l’homme d’affaires israélo-canadien Sylvan Adams, un proche de Benyamin Netanyahou, le Premier ministre de l’État hébreu. Comme sur le Tour de France, le mot Israël n’apparaît plus sur les cars de l’équipe, seule la mention Premier Tech étant inscrite. Mais elle figure bien sur le maillot des coureurs, au niveau du cuissard.
Le peloton de la Vuelta mardi lors de la 10e étape. (L.A. Gomez/Presse Sports)
« Inacceptable que des associations se permettent de compromettre la sécurité des coureurs » : le syndicat des coureurs dénonce les actions de manifestants sur le bord de la route
Ce mercredi midi, le CPA, le syndicat des coureurs professionnels, avait d’ailleurs publié un communiqué après les incidents ayant perturbé l’étape de mardi. « L’Association des coureurs professionnels (CPA) tient à exprimer sa profonde inquiétude et sa ferme condamnation des actes qui ont mis en danger les coureurs de la Vuelta. Il est inacceptable que des associations, quelles que soient leur nature ou leurs motivations, se permettent de compromettre la sécurité et l’intégrité physique des athlètes sur la route. La CPA ne tolérera jamais les actions irresponsables et dangereuses d’une minorité qui mettent en danger la vie de ses membres, indique le communiqué. Nous demandons également aux services de sécurité espagnols de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour assurer le bon déroulement de l’événement et protéger les coureurs. Tout le monde a le droit de manifester, mais cela ne peut pas se faire au détriment des athlètes qui font leur travail. »
Soler, Pedersen, Buitrago, Landa et Almeida à l’attaque...
En début de cette 11e étape, trois hommes avaient tenté de constituer l’échappée du jour, Marc Soler (UAE Emirates-XRG), Orluis Aular (Movistar) et l’inusable leader du classement par points, Mads Pedersen (Lidl-Trek). Ce groupe a longtemps plafonné à une minute d’avance, avant de monter au maximum jusqu’à la minute trente sur un peloton cadenassé par la formation Visma-Lease a bike de Jonas Vingegaard. Soler, dernier vainqueur à Bilbao sur la Vuelta en 2022, avait pour objectif de faire comme son coéquipier Jay Vine, déjà deux fois vainqueur d’étape depuis le début du Tour d’Espagne en partant dans une échappée. À 79,3 kilomètres de l’arrivée, Soler a tenté de partir seul, lâchant Pedersen et Aular.
Après un regroupement, un autre Espagnol, Mikel Landa (Soudal-Quick Step) a profité de la première ascension de l’Alto de Vivero (4,3 km à 7,9 %) pour partir seul devant à 56,4 km de l’arrivée avant d’être rejoint dans un deuxième temps par Santiago Buitrago (Bahrain-Victorious). Mais un peu plus de 20 kilomètres plus loin, l’Espagnol était victime d’un mal de dos et laissait filer le Colombien. Joao Almeida aura ensuite tenté d’allumer une première mèche dans le deuxième passage dans l’Alto de Vivero, mais Vingegaard n’a pas été mis en difficulté. Avant que le peloton tout entier apprenne les décisions prises par l’organisation pour les derniers kilomètres.
