Le grand plan Gaza : un plan trumpien pour s’enrichir rapidement, basé sur les crimes de guerre, l’IA et le tourisme

Le plan proposé, tel que révélé par le Washington Post, ne fait que confirmer les soupçons selon lesquels l’administration américaine se concentre uniquement sur des initiatives économiques illusoires, sans se soucier du bien-être des Palestiniens ou de la réalité sur le terrain, que ce soit à Gaza, en Israël, en Cisjordanie ou au Moyen-Orient au sens large.
L’article du Washington Post paru dimanche sur le plan d’après-guerre pour Gaza, diffusé par l’administration Trump, offre la vision la plus cristallisée à ce jour du prétendu « jour d’après ».
Source : Haaretz le 31 août 2025
Traduction par IA
Bien que le président américain Donald Trump n’ait pas encore officiellement adopté le plan, le projet annoncé est une tentative profondément peu sérieuse et peu ancrée dans la réalité. Il ne fait que confirmer les soupçons selon lesquels l’administration américaine se concentre strictement sur des initiatives économiques illusoires, peu soucieuses du bien-être des Palestiniens ou de la réalité sur le terrain, que ce soit à Gaza, en Israël, en Cisjordanie ou au Moyen-Orient.
Le Post rapporte que le Fonds pour la reconstitution, l’accélération économique et la transformation de Gaza, ou GREAT Trust, envisage ce qu’il décrit comme une relocalisation temporaire de l’ensemble des plus de deux millions d’habitants de Gaza, soit par des départs « volontaires » vers d’autres pays, soit dans des zones sécurisées de la bande de Gaza.
Cependant, cette analyse ignore le fait que les transferts forcés de population violent le droit international et qu’aucun des pays proposés – Indonésie, Soudan du Sud, Somaliland, Libye, Éthiopie ou autres – n’a accepté d’y participer. Quelle que soit la forme des incitations financières, des indemnités de relocalisation aux subventions au loyer ou à l’alimentation, de telles mesures constitueraient néanmoins des violations du droit international.
Il n’est pas surprenant que les personnes impliquées dans ce projet aient également participé à la création de la Fondation humanitaire pour Gaza, ce projet d’aide controversé et très surveillé, financé par l’administration Trump et coordonné avec le gouvernement israélien, malgré le scepticisme persistant de la grande majorité des humanitaires.
Bien que l’ampleur de leur implication – ou la force avec laquelle ils ont présenté le plan à Trump lors de la réunion de la Maison Blanche sur Gaza la semaine dernière – reste floue, il est impossible de dissocier cette proposition de Jared Kushner, gendre et ancien principal conseiller de Trump, et de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.
Jared Kushner, qui conseille l’envoyé spécial Steve Witkoff, est un expert dans l’art de contourner les normes diplomatiques et les réalités régionales sous couvert d’une « pensée originale », qui présente les accords économiques, définis par leur transactionnalisme, comme des moyens créatifs de parvenir à la paix. Un autre conseiller de Witkoff, Tony Blair, a également donné la priorité au développement économique plutôt qu’à toute autodétermination palestinienne.
Kushner et Blair entretiennent tous deux des relations particulièrement étroites avec les Émirats arabes unis, membre fondateur des accords d’Abraham, qui entretiennent une relation particulièrement hostile à l’Autorité palestinienne. Si les Émirats ont proposé leur propre plan en mars dernier, prévoyant un gouvernement d’après-guerre soutenu par le Golfe et le désarmement du Hamas, les États-Unis et Israël l’ont rejeté catégoriquement. Trump, quelle que soit la définition retenue, rejette les demandes de ses alliés et des parties prenantes en faveur d’un système d’enrichissement rapide basé sur les crimes de guerre, l’IA et le tourisme.
Au lieu de cela, les États-Unis et Israël violeraient les normes internationales en établissant un « Trust multilatéral » qui, selon eux, pourrait « évoluer vers un Trust multilatéral formel ». Si ce Trust transférerait l’autorité à un « État palestinien indépendant », il ne précise pas quel organisme il vise et ajoute que « des protections resteront en place pour sécuriser les actifs du Trust et assurer la stabilité à long terme ». Il s’agit d’une mainmise israélienne formelle sur l’autodétermination et l’intégrité territoriale palestiniennes, sans que cela ne soit explicitement mentionné.
Si Trump fait sien ce plan, il se heurtera à une forte opposition de la part d’une grande partie de sa base. Déjà de plus en plus indignés par l’audace croissante d’Israël à Gaza, et enhardis par le soutien diplomatique et militaire des États-Unis, l’idée que les États-Unis assument une responsabilité fiduciaire sur un actif aussi problématique ne ferait que s’éloigner davantage de « l’Amérique d’abord ».
Ce plan, cependant, ne devrait pas surprendre. Trump et Witkoff répètent sans cesse depuis des mois, même si c’est à voix basse ces derniers temps, que Gaza doit être entièrement démolie et reconstruite, même s’ils le présentent sous l’angle de leur propre compassion.
Israël, quant à lui, a clairement profité de l’attention distraite de Trump et de l’évolution des responsabilités de Witkoff, sans parler du souhait affiché du président de voir Netanyahou « en finir [avec la guerre] ».
Le manque de leadership proactif de Trump dans ce conflit, choisissant seulement de s’attribuer le mérite d’avoir libéré les otages alors qu’une vingtaine d’entre eux sont encore à deux doigts de la mort, a ouvert la voie à des conseillers comme Kushner et Blair pour adopter leur propre point de vue, privilégiant l’économie.
Cela a créé le terrain pour qu’un plan aussi illégal et toxique que le GREAT Trust soit présenté de manière plausible à Trump sans être ridiculisé depuis le Bureau ovale.
