Nétanyahou entraîne Israël dans l’autoritarisme

Benyamin Nétanyahou, après une visite à Viktor Orbán, est reçu par Donald Trump. La proximité des trois dirigeants ne relève pas du hasard : ils suivent la même voie, celle de l’illibéralisme. En Israël, gouvernement et Parlement ne cessent d’attaquer les contre-pouvoirs.
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Tel-Aviv, Jérusalem (Israël).– Les récents déplacements de Benyamin Nétanyahou à l’étranger reflètent la nature du régime qu’il promeut en Israël. Début avril, le premier ministre israélien, cible d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, a été reçu chaleureusement à Budapest par son homologue Viktor Orbán, connu pour sa faible appétence pour la démocratie. Une visite d’État en forme de pied de nez, un de plus, au droit international. Le premier ministre hongrois en a d’ailleurs profité pour retirer son pays de la CPI.
Quittant les rives du Danube, Benyamin Nétanyahou s’est rendu directement à Washington, plus précisément chez son ami Donald Trump, dont l’administration, qui lui offre un soutien politique, diplomatique et militaire sans limites, fait preuve elle aussi d’un rapport pour le moins lâche avec les canons de la démocratie libérale à l’occidentale.
En Israël même, la tentation autoritaire de Benyamin Nétanyahou et de sa coalition gouvernementale alimente de plus en plus souvent les titres des principaux journaux d’opposition, et les conversations.
Sans parler des commissions de la Knesset (le Parlement israélien) qui ont examiné ces deux dernières années quantité de propositions de loi visant à « transformer légalement Israël en dictature », selon l’expression de Nadav Argaman, directeur du Shin Bet de 2016 à 2021, cité avec d’autres par l’historienne Frédérique Schillo dans un article publié par le Centre communautaire laïc juif David-Susskind (CCLJ).
À tel point que l’éditorialiste du New York Times, Thomas Friedman, qui ne compte pas parmi les critiques habituels de Tel-Aviv, s’alarme en conclusion de son article du 17 mars : « L’État de droit est en danger, tant en Amérique qu’en Israël, si des lignes rouges ne sont pas tracées et défendues dès maintenant. »
SOURCE : Médiapart
