« Nous n’oublierons pas » : Les Palestiniens commémorent les 44 ans de Sabra et Chatila

samedi 19 septembre 2026

Des groupes palestiniens ont appelé à un rassemblement à Chatila mercredi, pour commémorer les 44 ans du massacre de réfugiés qui y a eu lieu en 1982.

Points clés à retenir

  • Des factions palestiniennes, des comités populaires et des institutions civiles ont appelé à un rassemblement à Chatila pour commémorer le 44e anniversaire du massacre.
  • Du 16 au 18 septembre 1982, des miliciens libanais soutenus par Israël ont massacré des réfugiés palestiniens et des civils libanais à Sabra et Chatila.
  • Les mouvements de résistance palestiniens ont déclaré que des décennies d’impunité avaient contribué à permettre les crimes commis aujourd’hui à Gaza, en Cisjordanie et au Liban.

« Nous n’oublierons pas »

Les factions palestiniennes, les comités populaires et les institutions civiles de Chatila ont appelé les habitants à se rassembler mercredi à l’intérieur du camp de réfugiés pour commémorer le 44e anniversaire du massacre de Sabra et Chatila.

Photo : Le 16 septembre 1982, plusieurs milliers de Palestiniens des camps de réfugiés de Sabra et Chatila, au Liban, furent brutalement massacrés. (Archives)

Source : Palestine Chronicle le 16 septembre 2026
https://www.palestinechronicle.com/we-will-not-forget-palestinians-mark-44-years-since-sabra-and-shatila/

« Nous n’oublierons pas et nous ne pardonnerons pas. Leurs noms resteront gravés dans nos mémoires », ont écrit les organisateurs dans un tract annonçant le rassemblement.

« Rassemblons-nous en ce douloureux anniversaire et renouvelons notre engagement à poursuivre la cause palestinienne dans nos cœurs et dans notre conscience », ajoutait le tract.

Des factions palestiniennes, des comités populaires et des organisations de la société civile devaient participer à la commémoration dans le camp où des milliers de réfugiés palestiniens et de civils libanais ont été massacrés en septembre 1982.

Le mouvement de résistance palestinien Hamas a décrit Sabra et Chatila comme «  l’un des crimes les plus odieux commis par l’occupation israélienne et ses agents contre le peuple palestinien ».

Le mouvement s’est engagé à poursuivre ses efforts pour traduire en justice les responsables des massacres et du génocide perpétrés contre les Palestiniens à Gaza, en Cisjordanie occupée et au Liban.

Le mouvement du Jihad islamique palestinien a également déclaré que l’impunité dont ont bénéficié les auteurs de ces actes avait des conséquences qui se sont étendues bien au-delà de 1982.

« Le silence et l’incapacité du monde » à poursuivre les responsables, malgré de nombreuses preuves et des témoignages documentés, ont encouragé «  l’émergence de nouveaux criminels au sein de l’entité occupante aujourd’hui », a déclaré le mouvement.

Elle dénonçait les attaques continues d’Israël contre les Palestiniens et d’autres peuples de la région, notamment à Gaza, en Cisjordanie occupée, au Liban et en Syrie.

Le mouvement a également accusé la communauté internationale de ne pas avoir protégé les camps après le départ de l’Organisation de libération de la Palestine de Beyrouth, laissant ainsi leurs habitants exposés aux forces qui ont perpétré le massacre.

Les noms derrière les chiffres

Quarante-quatre ans se sont écoulés depuis que Sabra et Chatila sont devenues synonymes de l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire des réfugiés palestiniens au Liban.

Pour les familles qui ont survécu au massacre, et pour les générations nées bien après, le 16 septembre reste un jour de souvenir, de deuil et de questions sans réponse.

Le 16 septembre 1982, plusieurs milliers de Palestiniens du quartier de Sabra et du camp de réfugiés de Chatila, au Liban, ont été brutalement massacrés par les milices des Phalanges libanaises à la demande de l’armée israélienne, qui assiégeait et bombardait la région depuis plusieurs jours.

En étroite collaboration avec les miliciens libanais, l’armée israélienne leur a permis d’accéder aux camps. Bien qu’elle sût que des civils y étaient massacrés, elle a empêché les Palestiniens de s’échapper.

Le massacre a coûté la vie à au moins 3 000 réfugiés palestiniens.

Pendant trois jours de massacres incessants, l’armée israélienne a maintenu son siège et a empêché les travailleurs humanitaires internationaux et les journalistes d’entrer.

La nuit, les soldats israéliens tiraient des fusées éclairantes pour illuminer le ciel, permettant ainsi aux miliciens de se déplacer dans les ruelles étroites des camps. Le massacre s’est poursuivi du 16 au 18 septembre.

Une fois le bain de sang terminé, des bulldozers israéliens ont commencé à creuser des fosses communes, dans une tentative apparente de dissimuler l’ampleur du crime.

En 1983, la commission Kahan d’Israël a conclu qu’Ariel Sharon, alors ministre israélien de la Défense, portait une « responsabilité personnelle » dans le massacre de civils palestiniens et libanais.

Un camp entouré

Le massacre de Sabra et Chatila était une conséquence directe de la violation par Israël du cessez-le-feu négocié par les Américains et de l’impunité accordée à Israël par les États-Unis et la communauté internationale au Liban occupé.

Aux termes d’un accord négocié au niveau international, les combattants de l’Organisation de libération de la Palestine se sont retirés de la capitale libanaise. Leur départ a laissé les réfugiés palestiniens à Beyrouth sans la protection de la présence armée palestinienne qui y existait auparavant.

Le 14 septembre, le président élu libanais et chef phalangiste Bachir Gemayel a été assassiné lors d’un attentat à la bombe.

Le lendemain, les forces israéliennes sont entrées dans Beyrouth-Ouest, en violation des accords régissant le retrait de l’OLP, et ont pris le contrôle de la zone entourant le quartier de Sabra et le camp de réfugiés adjacent de Chatila.

Le soir du 16 septembre, des membres armés des Phalanges libanaises et des forces alliées sont entrés dans la zone avec l’autorisation israélienne.

Pendant les trois jours suivants, des miliciens ont parcouru les maisons et les rues étroites, tuant des civils palestiniens et libanais, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées.

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