« Opération Bouclier de la Capitale » et le plan d’effacement et de micro-enclaves à Jérusalem

mardi 10 février 2026

(Bethléem, 6 février 2026)

L’opération «  Bouclier de la capitale », lancée par les forces coloniales israéliennes à Jérusalem le 12 janvier 2026, constitue la mise en œuvre concrète du Plan décisif du régime israélien dans la ville. Ce plan est une doctrine coloniale globale visant à asseoir le contrôle colonial sur l’ensemble de la Palestine par le biais de déplacements forcés, de démolitions massives, de la fragmentation de l’espace palestinien et du démantèlement systématique de la vie urbaine, sociale et politique palestinienne. L’opération « Bouclier de la capitale », les lois d’apartheid, l’expansion coloniale et la répression forment un dispositif unique conçu pour lier durablement Jérusalem aux colonies israéliennes de Cisjordanie, rompre la continuité nord-sud palestinienne et transformer l’existence palestinienne en micro-enclaves isolées et étroitement contrôlées au sein même de la ville.

L’opération « Bouclier de la capitale » a détruit plus de 70 structures à Kafr Aqab et Qalandiya. Ces destructions ouvrent la voie à de vastes projets coloniaux, notamment le plan Atarot , qui prévoit la construction de 9 000 logements coloniaux au sud de Ramallah, entre Kafr Aqab et Beit Hanina. Ce plan est présenté parallèlement au plan Nahalat Shimon à Sheikh Jarrah, visant à déplacer de force les Palestiniens et à les remplacer par 316 logements coloniaux. Conjugués aux démolitions de Silwan et Sheikh Jarrah, au corridor E1 et à la « Route du tissu de la vie », ces plans créent des micro-enclaves palestiniennes à l’intérieur de Jérusalem, rompent la continuité urbaine et sociale et établissent un corridor exclusivement israélien reliant Jérusalem-Ouest au mont Scopus et à la colonie de Ma’ale Adumim, coupant ainsi tous les accès orientaux pour les Palestiniens.

À Silwan, notamment dans les quartiers de Batn al-Hawa et d’al-Bustan, les déplacements forcés de Palestiniens sont orchestrés par un système d’apartheid à plusieurs niveaux, combinant un droit foncier israélien discriminatoire, une politique d’aménagement du territoire et une application judiciaire abusive. À Batn al-Hawa, la loi israélienne interdit aux réfugiés palestiniens de récupérer les maisons spoliées lors de la Nakba de 1948, tout en autorisant les revendications des colonisateurs. Ce cadre discriminatoire est renforcé par les décisions israéliennes 3790 (2018) et 3792 (2026 ) , les procédures d’expulsion accélérées et le récent rejet de recours par la Cour suprême israélienne . Ce système a permis le plus important déplacement forcé coordonné d’un seul quartier de Jérusalem depuis 1967.

À al-Bustan, les déplacements forcés sont orchestrés par une législation urbanistique discriminatoire et une politique de démolition. Entre le 6 et le 19 janvier 2026, 27 structures palestiniennes ont été démolies sous prétexte d’« absence de permis », rendus quasiment impossibles à obtenir par la loi Kaminitz . Cette loi accélère les démolitions, impose des amendes « punitives » et criminalise la construction palestinienne. Par le biais de régimes d’urbanisme discriminatoires et d’un colonialisme « vert  » , des quartiers palestiniens seront rasés et transformés en parcs sous contrôle israélien, encerclant la Vieille Ville et la mosquée Al-Aqsa, et entraînant le déplacement forcé de près de 1 550 Palestiniens.

Ces mécanismes du régime israélien sont mis en œuvre par des organisations coloniales telles qu’Ateret Cohanim, véritables bras armés du Plan décisif. Agissant en coordination directe avec les forces du régime israélien, ces organisations exploitent les mécanismes administratifs et institutionnels discriminatoires de l’apartheid pour s’emparer de maisons palestiniennes, agresser les habitants et imposer des déplacements forcés, tout en réprimant toute résistance. À al-Bustan, Ateret Cohanim a déjà pris le contrôle de six immeubles et poursuit des procédures judiciaires visant à déplacer de force des centaines de Palestiniens à Jérusalem. Ces mécanismes d’apartheid sont renforcés par des attaques coordonnées menées par les colonisateurs : rien qu’en janvier 2026, le gouvernorat de Jérusalem a recensé 53 attaques de colonisateurs, dont la prise d’assaut de la mosquée Al-Aqsa par 4 397 personnes.

La répression menée dans le cadre de l’opération « Bouclier de la capitale » constitue le pilier coercitif du Plan décisif. Depuis son lancement, 103 arrestations ont été recensées à Jérusalem, notamment à Hizma, Kafr Aqab et dans le camp de réfugiés de Qalandiya, suite à des opérations de grande envergure, dont la fermeture totale de Hizma. La destruction du siège de l’UNRWA à Jérusalem, visant à éradiquer l’agence et à construire une nouvelle colonie , ainsi que les coupures d’électricité et de services, et les raids des forces israéliennes dans le camp de réfugiés de Shu’afat et le centre de formation professionnelle de Qalandiya, ont également pour but d’étouffer toute résistance et de déplacer de force une nouvelle fois les réfugiés palestiniens. En reproduisant l’« Opération Mur de fer » à l’intérieur de Jérusalem, l’opération « Bouclier de la capitale » cherche à éliminer la résistance palestinienne, à normaliser les déplacements forcés permanents et la domination coloniale dans les villes et les camps de réfugiés palestiniens – un processus qui doit être immédiatement stoppé par des sanctions globales contre le régime israélien.

Source : BADIL
https://badil.org/press-releases/16...


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