POUSSEE PAR L’ONU...

la création d’un État palestinien au centre d’une conférence internationale en juin 2025
L’Assemblée générale des Nations unies, qui considère l’ensemble des territoires palestiniens comme occupés illégalement par Israël, a adopté une résolution pour qu’un État palestinien soit fondé. Une conférence internationale visant à faire avancer la solution à deux États est prévue à New York, en juin 2025.
L’étau se resserre à l’échelle internationale. Après les déclarations de la Cour internationale de justice (CIJ), qui estimait en juillet dernier que l’occupation des territoires palestiniens est « illégale » ou les mandats d’arrêt émis le 21 novembre dernier par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre de Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant, c’est au tour de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) de plaider pour la fin de l’occupation israélienne et la création d’un État palestinien.
Le mardi 3 décembre, une majorité des pays membres de l’ONU a ainsi décidé de convoquer une conférence internationale visant à faire avancer la solution à deux États, pour juin 2025. La résolution a été adoptée par 157 voix pour, 8 contre – dont les principaux concernés, Israël, ses alliés états-uniens et la Hongrie – et 7 abstentions. L’annonce a été réalisée dans le cadre de l’examen annuel de la question palestinienne.
« Un test critique pour sa crédibilité et son autorité »
Examen au cours duquel l’Assemblée générale a réaffirmé « son appui indéfectible, conforme au droit international, au règlement prévoyant deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, à l’intérieur de frontières reconnues sur la base de celles d’avant 1967 ». L’ONU considère ainsi l’ensemble des territoires palestiniens – Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza -, comme occupés.
La principale question est maintenant de déterminer si cette résolution aura un effet tangible sur la situation au Proche-Orient. Alors que le gouvernement israélien, dirigé d’une main de fer par le premier ministre Benyamin Netanyahou, poursuit son entreprise coloniale dans les territoires palestiniens et ses attaques contre le sud du Liban, malgré les condamnations des instances internationales, l’annonce des Nations unies semble minime. « La question de la Palestine est sur l’agenda de l’ONU depuis son origine et reste un test critique pour sa crédibilité et son autorité », a rappelé l’ambassadeur palestinien aux Nations unies, Riyad Mansour, peu de temps avant le vote.
L’ONU appelle les parties à « agir de façon responsable » afin d’inverser « les tendances négatives, y compris toutes les mesures prises sur le terrain qui contreviennent au droit international ». Pourtant, les récentes révélations autour du plan « Ordre et nettoyage », confectionné par le gouvernement israélien, démontrent la volonté d’accélérer la colonisation et l’appropriation des territoires occupés.
Le média israélien + 972 Magazine explique notamment, dans une enquête publiée en septembre dernier, qu’Israël compte, d’ici début 2025, « nettoyer » le nord de la bande de Gaza. Après avoir poussé la population palestinienne encore sur place à évacuer, l’armée israélienne compte y imposer un siège strict, créer des zones militaires fermées et vider, au fur et à mesure, ces terres de ses habitants. Le tout pour préparer le terrain à de futurs colons.
Insistant sur la nécessité d’engager des « négociations crédibles » pour le processus de paix au Proche-Orient, les Nations unies ont donc décidé d’organiser une « conférence internationale de haut niveau pour le règlement pacifique de la question de la Palestine et la mise en œuvre de la solution des deux États », à New York. Cette dernière sera coprésidée par la France et l’Arabie saoudite.
Plus spécifiquement, l’Assemblée générale réclame que « les droits inaliénables du peuple palestinien, au premier rang desquels viennent le droit à l’autodétermination et le droit de créer un État indépendant, soient réalisés ». Elle se base, pour cela, sur les décisions émises par la Cour internationale de justice, mi-juillet 2024.
Pour rappel, la CIJ demandait qu’Israël « mette fin à sa présence illicite dans le Territoire palestinien occupé dans les plus brefs délais » et cesse toute colonisation. « Cela condamne le peuple palestinien, le peuple israélien et notre région à une succession de guerres qui peuvent et doivent être empêchées », regrette Riyad Mansour. La dernière année, entachée par les massacres à répétition, l’absence de réaction forte de la part de la communauté internationale, en est la preuve brûlante.
https://press.un.org/fr/2024/ag12661.doc.htm
Par ce texte récurrent, intitulé « Règlement pacifique de la question de Palestine » (A/79/L.23) et entériné par 157 voix pour, 8 voix contre (Argentine, États-Unis, Hongrie, Israël, États fédérés de Micronésie, Nauru, Palaos et Papouasie-Nouvelle-Guinée) et 7 abstentions (Cameroun, Équateur, Géorgie, Paraguay, République tchèque, Ukraine et Uruguay), l’Assemblée générale exige en outre d’Israël, Puissance occupante, qu’il « s’acquitte scrupuleusement des obligations qui ressortent de l’avis consultatif rendu le 19 juillet 2024 par la Cour internationale de Justice (CIJ) ».
