Palestine : la solidarité n’exclut pas le questionnement

Le slogan « Nous sommes avec la Palestine, à tort ou à raison » est depuis longtemps un cri de ralliement à la solidarité, auquel ont fait écho les Algériens et d’autres personnes qui soutiennent la cause palestinienne.
Pour lire la suite de l’article : https://www.chroniquepalestine.com/...
Si son sentiment reflète des liens historiques profonds et un soutien sans faille, il soulève également une question cruciale : la véritable solidarité signifie-t-elle une allégeance aveugle ou exige-t-elle de la transparence ?
Un véritable soutien doit aller au-delà des slogans : il doit s’engager dans les complexités de la justice, en veillant à ce que la résistance soit fondée sur l’intégrité plutôt que sur l’immunité face à l’examen.
Un militant européen, profondément engagé dans la cause palestinienne, a un jour interrogé un groupe palestinien sur la transparence de où partaient les fruits de son traavil. Ils avaient mobilisé des soutiens, collecté des fonds et organisé des campagnes.
Pourtant, lorsque des camarades internationaux ont posé des questions sur le respect des procédures, la réponse a été rapide et indignée :
« Votre question est condescendante, orientaliste et empeste le sauveur blanc. Qui êtes-vous pour exiger que nous rendions des comptes ? Votre question nous blesse profondément ! »
Le militant, décontenancé, avait passé des années à défendre les droits des Palestiniens, à boycotter les produits israéliens et à encaisser des coûts personnels pour leur solidarité.
Il ne s’attendait pas à être réprimandé de la sorte pour avoir simplement posé une question… Une question qu’il aurait posée dans n’importe quel mouvement qu’il soutenait.
Cet incident n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un cadre plus large où la lutte pour la libération est utilisée comme un bouclier contre la possibilité de rendre des comptes, où la rhétorique de l’antiracisme est exploitée pour réprimer une discussion légitime, et où la solidarité est interprétée non pas comme un engagement mutuel, mais comme une allégeance aveugle.
Au nom de la résistance à l’arrogance coloniale, une forme inquiétante d’exclusion prend racine, qui remplace le dialogue constructif par le silence et la responsabilité par l’immunité.
SOURCE : Chronique de Palestine
