Raids israéliens à Gaza : « un mépris total de la vie et de la dignité humaines », selon l’ONU

samedi 29 mars 2025

Les frappes israéliennes meurtrières sur des zones densément peuplées à Gaza « s’apparentent » à des crimes d’atrocité, ont estimé vendredi des agences de l’ONU, pour qui la situation actuelle dans l’enclave est pire qu’avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Pour lire la suite de l’article : https://news.un.org/fr/story/2025/0...

Bientôt deux semaines après la reprise des opérations militaires israéliennes à Gaza, suite à un mois et demi de cessez-le-feu, le bureau des affaires humanitaires des Nations Unies, dit l’OCHA, dénonce ce qu’iul qualifie de « punition collective du peuple palestinien ».

« Le droit international est clair. Il interdit les attaques aveugles, l’obstruction de l’aide vitale, la destruction des infrastructures indispensables à la survie des civils et les prises d’otages. Pourtant, les alertes que nous lançons, rapport après rapport, révèlent un manque total de respect pour les principes les plus fondamentaux de l’humanité », a déclaré Jens Laerke, porte-parole de l’OCHA, lors d’un point de presse régulier à Genève.

Une situation « pire » qu’avant le cessez-le-feu

« Cela fait dix jours que nous assistons, parce que l’ONU reste sur le terrain à Gaza, à un mépris total de la vie et de la dignité humaines. Les actes de guerre auxquels nous assistons portent la marque de crimes atroces », a-t-il ajouté, notant également la reprise des tirs de roquettes des factions palestiniennes à partir de Gaza.

M. Laerke a indiqué que des centaines d’enfants et d’autres civils avaient trouvé la mort dans des frappes aériennes israéliennes sur des zones densément peuplées. « Les hôpitaux sont à nouveau des champs de bataille. Les patients sont tués dans leur lit, les ambulances sont la cible de tirs et les premiers intervenants sont tués », a-t-il dit.

Et l’assistance humanitaire devient extrêmement difficile étant donné que l’approvisionnement du territoire palestinien est bloqué depuis début mars.

Dans ces conditions, les progrès réalisés pendant le cessez-le-feu ont été selon lui réduits à néant. « Les réserves de nourriture et d’autres aides que nous avons réussi à acheminer s’épuisent rapidement. Nous sommes revenus à la situation antérieure. Mais cette fois-ci, c’est pire, car l’entrée de l’aide a été complètement fermée », a insisté le porte-parole de l’OCHA.

Transfert forcé de population : un crime international

De son côté, le bureau des droits humains de l’ONU s’est dit profondément préoccupé par le rétrécissement de l’espace pour les civils de Gaza, qui sont déplacés de force par l’armée israélienne dans l’enclave palestinienne. Selon les services du chef des droits de l’homme des Nations Unies, Volker Türk, « le transfert forcé est une violation grave du droit international humanitaire et constitue un crime au regard du droit international ».

Depuis la reprise de sa campagne militaire, le 18 mars, l’armée israélienne a émis dix ordres d’évacuation obligatoires, couvrant de vastes zones dans tout Gaza. Le nord de la bande, dont plus de la moitié semble être soumise à ces ordres, est particulièrement touché.

Des dizaines de milliers de Palestiniens seraient désormais bloqués dans le sud de l’enclave, à Khan Younis et Rafah. « La sécurité des personnes déplacées n’est pas garantie. L’armée israélienne a ordonné à la population de l’ouest de Rafah de se rendre à Al Mawasi, qui aurait été bombardée », a déploré dans un communiqué Thameen Al-Kheetan, porte-parole du bureau des droits humains.

Ce dernier rappelle que les civils ayant subi des déplacements multiples à la suite de ces ordres sont à nouveau confrontés au choix difficile d’être déplacés une fois de plus ou de rester et de risquer leur vie et celle de leurs proches.

SOURCE : Nations Unies


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