Une Irlandaise documente les victimes de Gaza avec des broderies

dimanche 6 avril 2025

Pour commémorer les Palestiniens morts à la suite du génocide commis par Israël dans la bande de Gaza, l’orthopédiste irlandaise Mary Evers a conçu un projet visant à broder les noms des martyrs et à les documenter avec du fil.

Traduction : Moncef Chahed, le 25/03/2025

L’idée du projet est de broder les noms et l’âge des morts sur le tissu avec des fils aux couleurs du drapeau palestinien, afin que le monde se souvienne que chacune de ces victimes a une vie qui ne peut être réduite à un nombre.

Evers a grandi dans un environnement proche du Moyen-Orient, puisqu’elle a passé son enfance à voyager entre plusieurs pays de la région, comme la Syrie, le Liban et l’Égypte, en raison du travail de son père dans les forces de maintien de la paix des Nations Unies.
Sa famille a été témoin d’événements cruciaux tels que le massacre de Sabra et Chatila au Liban (en 1982), qui les ont rendus témoins des ravages causés par les guerres dans cette partie du monde.

Evers vit à Londres depuis 1980, où elle a étudié l’orthopédie et a travaillé dans ce domaine pendant plus de 33 ans, avant d’être contrainte d’arrêter son travail après un accident de vélo.

Source : https://www.alquds.com/ar/posts/156212

La médecin irlandaise s’est ensuite consacrée aux activités en faveur des droits de l’homme, notamment en faveur de la cause palestinienne, toujours présente dans sa conscience.

Suite au déclenchement du génocide de 17 mois à Gaza, Evers a lancé en 2024 le projet « Gaza Martyrs », qui vise à commémorer tous ceux qui ont été tués dans la bande de Gaza à travers un projet de broderie à la main.

Dans ce projet, le nom et l’âge des morts sont brodés, et chaque fil se transforme en un acte de résistance qui refuse d’être oublié. Grâce à ce travail humanitaire, elle a pu mobiliser un large soutien de la part de différents pays du monde.

Depuis le 7 octobre 2023, Israël, avec le soutien absolu des États-Unis, commet un génocide à Gaza qui a fait plus de 163 000 morts et blessés Palestiniens, pour la plupart des enfants et des femmes, et plus de 14 000 disparus.

** Quand un numéro se transforme en nom, tout change
S’adressant au correspondant d’Anatolie depuis son atelier à Londres, Mary Evers a expliqué que l’idée du projet est née après avoir été influencée par les œuvres de la peintre bengali Yasmin Jahan Nupur, qui a utilisé la broderie pour documenter l’histoire de l’ère coloniale, ce qui l’a inspirée à utiliser le même outil pour documenter la tragédie palestinienne.

Evers a ajouté qu’elle a été profondément influencée par l’art de la broderie palestinienne, que les femmes pratiquent depuis des décennies, brodant sur du tissu des événements historiques, la vie quotidienne et des tragédies.

Elle a déclaré : "Lorsque vous donnez un nom à un numéro, les sentiments des gens changent. Cela les aide à se connecter émotionnellement à ce qui se passe. Chaque fil représente une vie et chaque point confirme la mémoire des martyrs, cette mémoire qui refuse d’être oubliée."

Evers utilise des fils noirs pour broder les prénoms des hommes, des fils rouges pour les femmes et des fils verts pour les enfants, en référence aux couleurs du drapeau palestinien. Elle confirme que broder un nom prend environ une heure entière.

Même si elle a lancé le projet seule, il s’est transformé au fil du temps en un mouvement de groupe participatif, et aujourd’hui plus de 200 personnes du monde entier y contribuent, certaines en participant à la broderie, et d’autres en soutenant le projet de diverses manières.

Elle a poursuivi : "Je n’avais pas l’intention d’exposer cette œuvre dans une exposition, mais la grande attention qu’elle a reçue m’a fait sérieusement réfléchir à l’organisation d’une exposition spéciale pour ce projet."

** Ce qui m’a le plus touché c’est l’entraide entre les Gazaouis
Mary Evers a ajouté que ce qui la blesse toujours le plus, c’est la fausse image présentée par les médias à propos du peuple palestinien. Elle a poursuivi : "Tous les Palestiniens que j’ai connus dans ma vie étaient des personnes gentilles et polies. Ils ne croyaient pas à la violence et n’élevaient pas leurs enfants dans la haine. Bien au contraire."

Elle a ajouté : « La société palestinienne est une société enracinée dans la foi et basée sur des valeurs. Malgré toutes les atrocités que nous voyons sur les écrans, ce qui m’a le plus touchée, c’est la façon dont les gens s’entraident à Gaza. »

Elle a poursuivi : « Les gens creusaient parmi les décombres, extrayaient les corps et transportaient les blessés vers les hôpitaux. Il y avait un très fort sentiment de coopération et d’esprit communautaire, et c’est l’une des raisons les plus importantes qui m’a poussé à lancer ce projet. Je voulais refléter ce type de solidarité, parce que nous l’avons perdu dans nos communautés.

Mary Evers a ajouté qu’elle avait toujours été impressionnée par la puissance de la conscience collective du peuple palestinien et que regarder comment les gens se rassemblaient face à la perte et à la destruction lui avait donné un nouvel espoir en l’humanité.

Concernant son message du projet, Evers déclare : "Je pense que le message que je veux transmettre est que chaque être humain a de la valeur, fait partie de ce monde et a un esprit, une vie et une influence uniques. Je ne crois pas à la discrimination, je ne l’accepte pas et je ne la comprends pas du tout."

Elle a poursuivi : "Ce que j’essaie de souligner à travers ce travail, c’est la valeur de l’être humain et d’éveiller un sentiment de compassion, car nous semblons avoir oublié que la seule façon d’avancer dans ce monde est de se soutenir les uns les autres et de former une seule communauté."

Evers a conclu en soulignant que toute personne souhaitant rejoindre le projet en tant que bénévole peut la contacter via le compte Instagram (stitch.their.names.together) ou par e-mail (say.their.names.gaza@gmail.com).


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