Universitaires contre la destruction de l’Iran et du Moyen-Orient

En juin 2025, Israël avait lancé une attaque massive contre l’Iran, déclenchant une guerre de 12 jours. Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël, deux puissances militaires possédant l’arme nucléaire, ont à nouveau massivement bombardé l’Iran, en pleine négociation diplomatique, sans déclaration de guerre préalable et sans autorisation aucune des institutions internationales compétentes, Conseil de sécurité ou Assemblée générale des Nations Unies. Présentée comme une « guerre préventive », une telle attaque constitue au contraire un crime d’agression caractérisé, une violation patente de la Charte des Nations Unies, du droit international humanitaire - notamment de l’Article 1 commun des Conventions de Genève (1949), qui instaure une obligation à faire respecter les conventions en toutes circonstances - ainsi que du droit international coutumier associé.
AURDIP, 9 avril 2026.
Dans sa guerre génocidaire menée contre Gaza, Israël a détruit les universités ainsi que les institutions culturelles, assassiné de nombreux professeurs et étudiants. Dans la guerre actuelle que mènent Israël et les États-Unis contre l’Iran, on assiste de la même façon, et avec la même passivité de la plupart des gouvernements européens, à la destruction massive des écoles, des universités, des centres scientifiques, et à l’assassinat ciblé d’universitaires, de chercheurs et d’étudiants. Ces agissements ne font que plonger la région dans un cycle infernal, les autorités iraniennes ayant à leur tour ciblé des civils dans les États voisins, accentué un cycle de répression en interne et menacent désormais de viser les campus américains et israéliens de la région en réponse aux attaques ayant touché ses propres universités.
Pour lire la suite, pour voir la liste des signataires et pour signer la pétition :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfm3KD4tMFEHVRFAagV6__S8dq1Cejm_NIxu99aMidDW-ME-g/viewform?fbzx=3289084268076047401
Selon le ministre iranien de l’Enseignement supérieur, à ce jour trente universités ont été attaquées, soixante étudiants sont décédés et plusieurs professeurs et scientifiques universitaires ont été victimes d’assassinats ciblés. Ceci inclut les attaques actuelles et celles lancées en juin 2025. On peut citer l’attaque du 3 avril contre l’Université Shahid Beheshti, et trois attaques les 28, 29 et 30 mars 2026 contre l’Université de Technologie d’Ispahan, l’Université des Sciences et Technologies d’Iran et l’Université de Technologie Amirkabir à Téhéran. L’agression a également ciblé un centre de recherche médicale, l’Institut Pasteur d’Iran, situé à Téhéran, l’un des plus anciens centres de recherche et publics d’Iran et du Moyen-Orient, fondé en 1920. Plus de 750 écoles, plus de 300 centres de santé et plus de 90 000 habitations ont été affectées. Selon le Croissant-Rouge iranien, les États-Unis et Israël ont détruit ou endommagé plus de 115 000 structures civiles, laissant derrière eux un système de chaos dans lequel les hôpitaux, écoles, usines d’eau et routes civiles ont été détruits ou rendus inutilisables.
Entraînant la mort d’au moins 175 personnes, dont de nombreuses élèves, le bombardement US de l’école primaire pour filles Shajareh Tayyebeh à Minab, le 28 février, est particulièrement scandaleux. Selon des informations accessibles en ligne, il apparaît pourtant que le bâtiment était utilisé comme école depuis une décennie. C’est l’un des crimes de guerre les plus meurtriers de l’armée américaine contre des civils (et ici des petites filles) de ces dernières décennies.
En tant qu’universitaires, chercheurs, étudiants et membres des communautés universitaires et scientifiques mondiales, nous condamnons fermement ces destructions massives d’écoles, d’universités et centres scientifiques en Iran comme en Palestine et au Liban, contraires à l’Article 1 commun des Conventions de Genève et au droit international coutumier associé. Nous sommes terrifiés et scandalisés par la menace explicite du président Trump de détruire, non seulement l’Iran, mais la civilisation iranienne. Nous appelons la communauté internationale et ses diverses institutions à tout mettre en œuvre pour que cessent ces guerres insensées et ces attaques délibérées contre les civils, les structures et les personnels d’éducation et de recherche. La situation à Gaza et au Liban montrent qu’en dépit de la trêve de 15 jours annoncée récemment, il faut rester vigilant et réclamer l’arrêt complet et définitif de ces attaques.
Organisations signataires :
Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip)
Collectif Palestine Lyon Universités Solidaires (PLUS)
Coordination française du boycott culturel, universitaire et sportif d’Israel (FRACBI)
Collectif Éducation avec Gaza
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