« Violation diplomatique majeure » : Israël interdit l’entrée sur son territoire à 27 élus français de gauche

mercredi 23 avril 2025

La délégation française, composée de parlementaires et de maires, devait effectuer une tournée de quatre jours en Israël et en Cisjordanie. Son entrée lui a été refusée en vertu d’une nouvelle loi permettant d’interdire l’entrée sur le territoire aux personnes appelant au boycott d’Israël.

Israël a annulé 27 visas pour des députés et élus français de gauche, invités par le consulat de France à Jérusalem, deux jours avant leur arrivée prévue, ont indiqué les responsables.

Dans une déclaration commune, les membres de la délégation du Parti écologiste et du Parti communiste français ont qualifié cette décision de « punition collective » de la part d’Israël et ont appelé le président français Emmanuel Macron à intervenir. Début avril, deux parlementaires britanniques se sont également vu refuser l’entrée sur le territoire.

Source : Haaretz le 21 avril 2025
Traduction par IA
Photo : Consulat de France à Jérusalem (Wikipedia)

La délégation devait atterrir en Israël dimanche, mais ses membres ont été informés jeudi que leur visa électronique avait été annulé, a déclaré à Haaretz Camille Naget, conseiller municipal de Paris et membre du Parti écologiste. La délégation devait visiter des camps de réfugiés palestiniens et Standing Together, un mouvement populaire juif-arabe de gauche israélien.

L’Autorité de la population et de l’immigration du ministère israélien de l’Intérieur a déclaré que les visas de la délégation avaient été révoqués conformément au 40e amendement à la loi sur l’entrée en Israël, qui a été ratifié par le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu en février.

L’amendement stipule que tout non-citoyen d’Israël se verra refuser l’entrée dans le pays s’il a publiquement appelé ou participé à un boycott d’Israël.

L’autorité a indiqué que l’annulation avait été approuvée par le ministre israélien de l’Intérieur, Moshe Arbel, et recommandée par des professionnels du ministère. Elle a ajouté que l’objectif de la délégation française était de « montrer son soutien aux Palestiniens et à une organisation qui prône le boycott d’Israël et œuvre au retrait du Hamas de la liste des organisations terroristes ».

L’autorité a indiqué que les membres de la délégation appartenaient à l’association AJPF. La délégation a confirmé cette information et précisé que l’association visait à promouvoir le jumelage entre les communes françaises et les camps de réfugiés palestiniens, tout en appelant à une solution à deux États et à la reconnaissance du droit au retour des Palestiniens.

Naget a déclaré n’avoir eu connaissance d’aucun appel au boycott lancé par l’organisation. Elle a également nié catégoriquement que l’organisation ait jamais exigé le retrait du Hamas de la liste des organisations terroristes.

Uri Weltmann, de Standing Together, a déclaré : « Le mois dernier, le ministre Amichai Chikli a tenu une conférence à Jérusalem avec des responsables politiques de partis européens antisémites. Ce sont ces personnes qu’Israël accueille royalement. Mais qui Israël a-t-il empêché d’entrer ? Des maires et des parlementaires français attachés à l’idée de paix israélo-palestinienne, convaincus que les deux peuples ont le droit de vivre en sécurité. »

Weltmann a ajouté que certains membres de la délégation ont même quitté le parti LFI de Jean-Luc Mélenchon, suite aux critiques de ses positions sur le Hamas et son attentat du 7 octobre 2023. «  Les membres de la délégation ont demandé à rencontrer les familles des otages et sont favorables au dialogue avec la société israélienne, et non à son boycott. C’est probablement précisément ce qui gêne le gouvernement. »

La délégation française, composée de parlementaires, de maires et d’autres élus, devait effectuer une tournée de quatre jours en Israël et en Cisjordanie . Leurs visas d’entrée initiaux ont été approuvés il y a environ un mois, ont-ils précisé.

«  La révocation de nos permis d’entrée en Israël 48 heures avant notre départ constitue une atteinte majeure aux relations diplomatiques avec l’État français et à nos mandats d’élus de la République », peut-on lire dans leur communiqué. « Elle exige une prise de position sans équivoque des plus hautes autorités de notre État. »

Cette déclaration a été publiée dans un contexte de tensions croissantes entre Israël et la France. Début avril, le président Macron avait annoncé que son pays pourrait reconnaître un État palestinien dans les prochains mois, déclenchant une vive réaction israélienne.

Le groupe de responsables politiques refoulés a fait référence dans son communiqué aux récents développements français au Moyen-Orient . « Depuis des décennies, nous appelons la France à reconnaître l’État palestinien. La France se prépare enfin à le reconnaître », peut-on lire dans le communiqué.

« Nous demandons que cette situation soit clarifiée », a déclaré la délégation. « Empêcher délibérément des élus et des parlementaires d’entrer en Israël ne peut rester sans conséquences. »


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