« Voir des citoyens se mettre en mouvement, c’est une source d’espoir »

jeudi 4 décembre 2025

De Marseille à Paris, une marche pour l’égalité, la liberté et la justice en Palestine

Partis de la Cité phocéenne le 15 novembre, les manifestants avancent vers Paris avec l’objectif de rejoindre la mobilisation du 29 novembre, place de la République, pour « l’autodétermination du peuple palestinien et la justice pour tous les peuples ».

Émilien Urbach, Publié les 28, 29 et 30 novembre 2025

Ils ont commencé leur périple àMarseille à la mi-novembre avec un objectif : rejoindre la manifestation nationale de solidarité avec le peuple palestinien, organisée à Paris ce samedi 29 novembre. « C’est un mouvement citoyen, dans la continuité des actions précédentes », explique Justin, l’un des initiateurs de cette marche dont l’idée est née sur les messageries cryptées des participants français de la Global Sumud Flotilla.

Dans les capitales européennes Berlin, Bruxelles, Rome et à Gênes, ce même week-end, des milliers de citoyens solidaires se sont aussi donnés rendez-vous.

De Gardanne à Fos, puis Martigues, Arles, Tarascon, Avignon, Valence, Saint-Étienne, Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Villeurbanne, les marcheurs ont tenu à relier les quartiers populaires, « là où la solidarité avec la Palestine résonne fort, souligne Pascal André, un des organisateurs. La synergie entre le combat du peuple palestinien et la lutte contre les injustices sociales vécue ici, en France, doit s’amplifier ». Et d’ajouter : « Les femmes des quartiers Nord de Marseille nous ont d’ailleurs incités à associer à la solidarité avec la Palestine l’exigence de dignité pour tous les autres peuples. » Elles ont orienté le choix du nom de cette initiative : « marche pour l’égalité, la liberté, la justice pour le peuple palestinien et pour tous les peuples », comme un écho à la Marche pour l’égalité et contre le racisme, de 1983.

« La synergie avec la lutte contre les injustices sociales vécues en France doit s’amplifier. » PASCAL ANDRÉ, L’UN DES ORGANISATEURS DE LA MARCHE

Sur le chemin de ces nouveaux marcheurs, des comités d’accueil militants, parfois des élus, ont ouvert leurs portes. Chaque étape a été ponctuée de rencontres, de débats ou d’événements culturels. Mais tout n’a pas pour autant été simple.

À Villeurbanne, deux pneus du camion de soutien qui les accompagnait ont été lacérés. « C’était clairement un acte à visée politique », confie Pascal André. Mais la riposte solidaire a été immédiate. « En une nuit, des habitants ont réparé le véhicule. C’était magnifique », ajoute une militante.

Malgré le froid et la fatigue, les militants sont arrivés en banlieue parisienne, jeudi 27 novembre, avec des rendez-vous donnés à Orly, Créteil, Vitry, puis Nanterre et Gennevilliers.

Une marche aux lampions, dans la nuit du 28 au 29 novembre, doit se tenir avant le départ final, depuis la cité Pablo-Picasso de Nanterre, pour rejoindre Paris. Le tracé final déposé à la préfecture prévoit un passage par le Mont-Valérien. « Comme à Vaulx-en-Velin, où nous avons salué la stèle de Manouchian, nous voulons rappeler que la lutte pour la liberté et la justice traverse l’histoire », reprend Pascal André.

Place de la République, lors de la manifestation, quatre marcheurs devraient prendre la parole, pour « dire ce qu’on a vécu, insiste Justin, et rappeler que la justice et l’égalité sont bafouées en Palestine ».

« La Palestine, c’est notre boussole. Elle nous montre comment tenir dans la non-violence et se battre pour le droit », assène Pascal André en évoquant l’accueil reçu dans tous les quartiers populaires traversés. Et le militant de conclure : « Voir des citoyens de toutes les couleurs se mettre en mouvement, c’est une source d’espoir. »

ÉMILIEN URBACH


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