Comment Benyamin Nétanyahou a manipulé Joe Biden sur Gaza

Le premier ministre israélien n’a pas hésité, afin de rester au pouvoir, à saboter les efforts de paix de Joe Biden, qu’il s’agisse d’un cessez-le-feu à Gaza ou même d’un accord de normalisation avec l’Arabie saoudite.
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L’activisme brouillon de Donald Trump n’est pas parvenu en six mois à régler l’interminable conflit de Gaza : non seulement la trêve conclue à la veille de l’investiture de l’actuel président américain a volé en éclats, un mois et demi plus tard, mais la catastrophe humanitaire a pris des proportions dantesques dans l’enclave palestinienne. Il ne faut cependant jamais oublier la responsabilité écrasante du prédécesseur de Trump à la Maison Blanche dans un tel désastre.
C’est bel et bien Joe Biden qui a, durant quinze longs mois, accordé un soutien pratiquement inconditionnel à Benyamin Nétanyahou dans sa guerre contre Gaza. Une enquête approfondie menée par le New York Times, sur la base de documents classifiés et d’entretiens avec plus d’une centaine de responsables, révèle à quel point le président démocrate a été manipulé par le chef du gouvernement israélien, alors même que celui-ci misait ouvertement sur la réélection de Trump.
Le refondateur d’Israël
Nétanyahou cumule plus de dix-sept années à la tête du pouvoir israélien, de 1996 à 1999, de 2009 à 2021, et depuis décembre 2022. Une aussi exceptionnelle longévité lui a permis de reconfigurer en profondeur la scène politique, ainsi qu’une partie des institutions, malgré les mouvements de protestation qu’une telle dérive illibérale a suscités. Mais le tacticien de génie qu’est Nétanyahou se double d’un opportuniste forcené, prêt à toutes les manœuvres afin de s’accrocher au pouvoir, surtout depuis qu’une triple procédure le vise pour fraude, corruption et abus de confiance.
Au lieu d’assumer sa responsabilité de premier ministre dans l’effondrement sans précédent de la sécurité d’Israël, le 7 octobre 2023, Nétanyahou n’a eu de cesse de charger la hiérarchie militaire, tout en s’appuyant sur l’extrême droite suprémaciste pour préserver sa coalition gouvernementale. C’est ainsi que la guerre contre Gaza, plutôt que contre le Hamas, est devenue une fin en soi, servie par une propagande d’autant plus outrancière que la presse internationale était interdite sur place.
SOURCE : Le Monde
