Diviser pour régner à Gaza
Israël tue d’autres personnes dans la bande côtière et met en place des milices pour concurrencer le Hamas
Publié dans le journal allemand "Junge Welt", le 17 octobre, par Jakob Reimann
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Ce qui reste de la ville de Gaza mardi
Même après la libération des derniers otages vivants par le Hamas lundi, Israël continue de tuer : mardi matin, les troupes israéliennes ont ouvert le feu sur un groupe dans la ville de Gaza et abattu cinq personnes, selon Al-Jazeera. « Plusieurs suspects » se seraient « approchés » des soldats, affirment les forces d’occupation dans un message publié sur X pour justifier leur action. Après la déclaration de fin de guerre par le président américain Donald Trump, de nombreux Palestiniens déplacés retournent dans leurs quartiers bombardés au nord de l’enclave.
À Jabalia également, les troupes israéliennes ont tiré mardi sur des personnes, blessant plusieurs d’entre elles. Peu avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, des soldats israéliens de plusieurs brigades ont également mené, de manière apparemment coordonnée, des incendies criminels contre des infrastructures civiles dans les zones qu’ils quittaient, comme l’a révélé une enquête de Drop Site News. Des soldats ont publié des vidéos et des photos de maisons ou d’entrepôts alimentaires en feu qu’ils avaient préalablement incendiés. La station d’épuration de Sheikh Ajlin aurait également été incendiée, ce qui a entraîné l’effondrement quasi total du système d’assainissement de toute la région. Cette station d’épuration a été financée par des investissements allemands d’au moins 19 millions d’euros. Le gouvernement fédéral allemand ne s’est pas encore exprimé sur l’attaque contre l’installation qu’il a cofinancée.
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Selon le « plan de paix » de Donald Trump, la bande de Gaza devrait à l’avenir être administrée sous la supervision de Trump et de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair par une « commission palestinienne technocratique et apolitique » dont la composition n’est pas précisée. Une fois le « programme de réforme » achevé, le « contrôle de Gaza » devrait finalement être exercé par l’Autorité nationale palestinienne (ANP), bien que le Premier ministre Benjamin Netanyahou ait clairement répété à plusieurs reprises, et pour la dernière fois ce week-end, que l’ANP ne jouerait aucun rôle à Gaza. Le gouvernement israélien envisage toutefois de confier l’administration à un groupe de collaborateurs criminels avec lequel il travaille depuis un certain temps à Gaza : Yasser Abu Al-Shabab et ses « Forces populaires » islamistes.
Les « Forces populaires » d’Abu Al-Shabab sont proches de l’État islamique et sont connues à Gaza pour leurs attaques contre les convois humanitaires, comme celle de novembre, lorsque le groupe, probablement sous la protection des troupes israéliennes, comme l’a rapporté le Washington Post, a attaqué une centaine de camions humanitaires de l’ONU. Après de récentes vagues de recrutement, la milice compte environ 3 000 combattants et son fief se trouve dans une zone de 50 hectares au sud-est de la bande de Gaza où, contrairement au reste de l’enclave bouclée, la nourriture est abondante, comme le montre une récente enquête de Sky News. Le quartier général des « Forces populaires » est stratégiquement situé le long de la route empruntée par les convois humanitaires pour entrer à Gaza via le poste frontière israélien de Karem Abu Salem (Kerem Shalom). Cette route est surnommée « Looters’ Alley » (« l’allée des pillards ») par les organisations humanitaires. Un rapport interne de l’ONU datant de novembre 2024 identifie Abu Al-Shabab et sa milice comme « les acteurs les plus influents derrière le pillage systématique et massif des convois ». Selon l’un de ses commandants, interviewé par Sky News, « de l’argent liquide, de la nourriture, des armes et des véhicules » seraient acheminés clandestinement à Abu Al-Shabab via un « bureau de coordination » géré par l’Autorité palestinienne, auquel participeraient les « autorités de sécurité » égyptiennes, israéliennes et jordaniennes.
Le groupe serait soutenu par les services secrets israéliens Shin Bet et collaborerait également avec les mercenaires américains de la tristement célèbre Gaza Humanitarian Foundation, qui surveillent depuis mai les centres de distribution alimentaire à Gaza, où plus de 2 000 Palestiniens affamés ont été abattus par des soldats israéliens. La milice vivrait « dans le luxe », selon Sky News. Israël se sert des « forces populaires » islamistes autour du brigand Abu Al-Shabab comme de mandataires afin de conserver une influence durable à Gaza, indépendamment de l’évolution du « plan de paix » américain.

