Émissions militaires liées aux conflits et réparations climatiques pour la Palestine

Résumé
Le rapport « Émissions militaires et liées aux conflits et réparations climatiques pour la Palestine » est préparé par Tipping Point Nord-Sud et l’Institut palestinien pour la stratégie climatique. Ce rapport est publié à l’occasion de la semaine d’action mondiale de la société civile « Draw the Line » , qui se déroule alors que les dirigeants mondiaux se réunissent à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, et à peine six semaines avant le Sommet des Nations Unies sur le climat (COP30) à Belém, au Brésil.
Cet ouvrage fournit une estimation des coûts, basés sur les émissions de carbone, des activités militaires traçables d’Israël et de ses alliés. Cette quantification représente une fraction du total des réparations climatiques dues à la Palestine. Si l’on tient compte des ravages sociaux, économiques et environnementaux plus vastes causés par l’occupation historique d’Israël, du génocide et de l’écocide en cours contre les Palestiniens, ainsi que de la destruction environnementale massive des terres et des formes de vie palestiniennes, le montant total des réparations nécessaires serait nettement plus élevé.
Si la quantification des émissions liées à l’armée et aux conflits offre un point de départ mesurable pour évaluer les dommages climatiques et la responsabilité, elle ne rend pas compte de l’ampleur de la violence coloniale en tant que violence climatique, qui va au-delà de ce qui peut être réduit aux mesures du carbone.
Source : Institut palestinien pour la stratégie climatique
le 18 septembre 2025
Traduction par IA
https://www.palclimateinstitute.org/media/military-conflict-related-emissions-climate-reparations-for-palestine
Principales conclusions
À ce jour, le montant total estimé des réparations climatiques militaires et liées aux conflits dues par Israël et ses alliés au peuple palestinien depuis la Nakba s’élève à 148 milliards de dollars .
Israël est responsable de 103 milliards de dollars .
Les États-Unis sont responsables de 40,8 milliards de dollars .
Les alliés d’Israël partagent une part supplémentaire de responsabilité : l’Allemagne (2,7 milliards de dollars), la France (1 milliard de dollars), le Royaume-Uni (0,5 milliard de dollars) et l’Italie (0,17 milliard de dollars).
Ces chiffres représentent le coût climatique mesurable des émissions liées aux conflits et aux activités militaires. Pourtant, comme le montre clairement ce rapport, ils ne constituent qu’un point d’entrée dans le calcul plus large des réparations pour la Palestine, qui doit également englober les dommages plus vastes causés par l’occupation, le génocide, l’écocide et la destruction systémique de la vie palestinienne. Nombre de ces aspects dépassent ce que nous pouvons quantifier avec des indicateurs carbone simplifiés, et nous ne devons pas perdre de vue cette complexité pour reconstruire un avenir juste pour la Palestine.
Recommandations/Demandes
- Reconnaître l’écocide comme le cinquième crime international à être poursuivi par la Cour pénale internationale, aux côtés du génocide, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et de l’agression.
- Intégrer les dommages climatiques liés à l’armée dans les tribunaux pour crimes de guerre et veiller à ce que les futures enquêtes sur le génocide israélien incluent également les dommages climatiques et écologiques dans le cadre du processus de responsabilisation.
- Reconnaître la souveraineté des Palestiniens sur leurs ressources naturelles et leurs droits sur celles-ci dans le cadre des réparations.
- Les institutions internationales chargées de juger les crimes de guerre et les réparations doivent veiller à ce que les émissions liées aux conflits et aux activités militaires soient intégrées dans le cadre des réparations, en s’appuyant sur les 148 milliards de dollars américains calculés dans ce rapport.
- Le FRLD (Fonds de réponse aux pertes et dommages), ainsi que tous les bailleurs de fonds pour l’adaptation climatique, doivent reconnaître les impacts à long terme, souvent irréversibles, de l’écocide et mettre en place des mécanismes permettant aux victimes d’accéder au financement climatique. De plus, les évaluations des besoins en matière de financement climatique et l’ampleur des engagements financiers climatiques devraient tenir compte des besoins en matière de réparation et de réhabilitation résultant des dommages climatiques d’origine militaire.
- La CCNUCC doit explicitement reconnaître la dimension climatique et écologique de la guerre et de l’occupation. En particulier, le septième rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur les villes devrait inclure un chapitre consacré aux émissions liées à la guerre et aux conflits, en accordant une attention particulière à la destruction massive de villes et de systèmes tels que la ville de Gaza et ses environs.
Les actions d’Israël et de ses partisans constituent à la fois un génocide et un écocide, en tant qu’acte de destruction des populations et de l’environnement dont dépend la survie. La justice climatique exige que les réparations prennent en compte à la fois les coûts carbone mesurables et les destructions écologiques, culturelles et sociales plus profondes qu’aucun indicateur ne peut pleinement saisir.

