ICE, Israël et l’exportation du contrôle raciste des populations

samedi 14 février 2026

Aux USA, l’ICE est devenue un pilier d’un paradigme répressif global qui criminalise et brutalise des populations entières. Cette institution s’inscrit dans un continuum de doctrines, de formations et de technologies sécuritaires largement expérimentées par Israël dans les territoires palestiniens occupés, faisant de la Palestine un laboratoire central de la répression contemporaine.

unionpalestinemarseille, Collectif marseillais militant et citoyen de soutien au peuple palestinien, Billet de blog 7 février 2026

Aux États-Unis, « l’Immigration and Customs Enforcement » (ICE) est devenue en quelques années une machine de répression qui sème la peur, la violence et trop souvent la mort comme le monde entier a pu s’en rendre de nouveau compte récemment à Minneapolis. Derrière cette institution se cache une alliance politique et structurelle avec des doctrines et des pratiques sécuritaires qui ne sont pas nées dans l’abstraction, mais dans un contexte concret : celui des territoires palestiniens occupés laissés livrés et abandonnés à la barbarie sioniste. Il n’est pas absolument pas question ici d’une simple analogie, mais d’un continuum de méthodes, d’échanges et d’outils répressifs qui circulent entre États, dans lequel la Palestine a été et est encore un terrain d’expérimentation central.

Un « modèle » sécuritaire qui voyage

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, des milliers d’agents américains, y compris des officiers de l’ICE, du FBI, de la DEA, et des polices locales, ont été envoyés en Israël pour participer à des formations conjointes avec la police israélienne, le Shin Bet ou d’autres services de sécurité du régime génocidaire. Ces programmes, souvent présentés comme des échanges de “bonnes pratiques”, encouragent l’adoption de techniques conçues dans un contexte d’occupation et de contrôle militaire des populations civiles. Cette expression d’ailleurs constitue un euphémisme qui ne saurait rendre compte de la barbarie que ces termes pseudo-techniques tentent de camoufler, car nous le rappelons ici avec force en Palestine occupée par le régime colonial d’Israël, contrôle militaire des populations ne signifie rien d’autre que « génocide ».

Pour lire la suite : https://blogs.mediapart.fr/unionpalestinemarseille/blog/070226/ice-israel-et-l-exportation-du-controle-raciste-des-populations

Le rapport Deadly Exchange, produit par Researching the American Israeli Alliance (RAIA) et Jewish Voice for Peace, documente que ces formations ont pour effet d’importer des pratiques de surveillance de masse, de profilage racial et d’écrasement des protestations vers les pratiques policières américaines. Les policiers y apprennent à voir des populations entières comme des « menaces » plutôt que comme des citoyens, et à répondre par la force plutôt que par la justice.

ICE comme produit d’un paradigme répressif global

Loin d’être une entité isolée, l’ICE s’inscrit dans une logique transnationale de gestion policière de la misère et des mobilités humaines. Ces politiques s’articulent autour d’une vision du monde où certaines vies sont considérées comme indésirables, dangereuses ou sacrificielles. Dans ce cadre, « l’immigration (prétendue) illégale » cesse d’être un phénomène social à traiter politiquement pour devenir un « risque » à neutraliser coûte que coûte.

Plus encore, ces mécanismes de pouvoir répressif ne sont pas l’apanage des États-Unis : ils se diffusent dans toute l’Europe, car des élites politiques et sécuritaires européennes regardent ces modèles comme des solutions à adopter pour « gérer » les migrations, les manifestations ou les populations marginalisées.

La Palestine au centre des dynamiques sécuritaires globales

La Palestine n’est donc pas un cas isolé, mais bien un point nodal où se croisent et se conjuguent colonialisme, capitalisme sécuritaire et autoritarisme contemporain. Les techniques de domination expérimentées dans les territoires occupés (surveillance accrue, checkpoints, lois d’exception, juridictions discriminatoires) deviennent des produits exportables, vendus ou conseillés à des gouvernements du monde entier.

Cela ne se limite pas à la formation des forces de l’ordre. Des technologies de surveillance développées pour renforcer le contrôle en Palestine sont adoptées ailleurs. Par exemple, l’ICE se procure des outils sophistiqués de collecte de données auprès d’entreprises israéliennes de la surveillance, renforçant ainsi un filet de contrôle qui dépasse largement les frontières américaines.

Une bataille politique transnationale

C’est pourquoi la lutte contre l’ICE et pour la Palestine ne peut être dissociée. S’attaquer à ICE sans questionner les structures et doctrines qui soutiennent sa brutalité, c’est soigner les symptômes sans toucher à la matrice. Inversement, soutenir la cause palestinienne sans relier cette lutte à la résistance contre les politiques migratoires, carcérales et sécuritaires globales, c’est isoler artificiellement une réalité qui s’inscrit dans une logique plus large de domination. La Palestine n’est pas périphérique : elle est au cœur des enjeux de justice, de droits humains et de démocratie réelle.

Pour une politique de libération et de solidarité

Le combat pour la Palestine révèle une vérité politique profonde : l’exception devient norme lorsque l’on accepte que certaines vies puissent être gérées comme des problèmes à « résoudre » plutôt qu’à protéger. Cette logique n’est pas propre à un pays, mais s’étend à l’international, érodant les droits fondamentaux pour tous. Comprendre cela, c’est comprendre que notre lutte est collective, qu’elle dépasse les frontières et qu’elle appelle une solidarité active, lucide et structurée.

Alors oui, Palestine vivra, Palestine vaincra, sans quoi nous ne survivrons pas.


Agenda

Array

<<

2026

 

<<

Mai

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
    123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031