L’avis du Guardian sur l’hiver à Gaza : le monde doit prendre conscience de l’aggravation des souffrances palestiniennes.

mercredi 7 janvier 2026

Des familles luttent pour survivre au milieu de la dévastation. L’interdiction par Israël des ONG internationales ne fera qu’aggraver cette catastrophe.

Un enfant au camp de réfugiés d’al-Bureij, à Nusairat, dans la bande de Gaza. Photo : APAImages/Shutterstock

Alors que Gaza entre dans la période la plus sombre de l’hiver, des enfants meurent d’hypothermie, se noient dans les camps inondés et périssent brûlés vifs tandis que leurs familles tentent de cuisiner dans des tentes de fortune. Israël a détruit neuf maisons sur dix en plus de deux ans de guerre. Campés au milieu des ruines, les Palestiniens luttent contre les vents violents, les pluies torrentielles et le froid glacial . L’aide humanitaire a repris après le cessez-le-feu, permettant d’enrayer la famine qui sévissait dans certaines parties du territoire, mais elle reste largement insuffisante : 1,6 million de personnes sont confrontées à une grave insécurité alimentaire. Les infrastructures sanitaires sont effondrées.

Le Royaume-Uni, le Canada, le Japon, la France et six autres pays ont conjointement alerté sur le caractère catastrophique de la situation. Pourtant, Israël aggrave l’une des pires crises humanitaires au monde. Mardi, le pays a annoncé la radiation de 37 ONG actives à Gaza . Ces dernières doivent cesser toute activité sur place d’ici le 1er mars, à moins de se conformer aux nouvelles « normes de sécurité et de transparence  » d’Israël, notamment en divulguant les informations personnelles de leur personnel. Parmi les organisations radiées figurent de nombreuses organisations parmi les plus réputées dans leur domaine, telles qu’Oxfam, Médecins Sans Frontières et le Conseil norvégien pour les réfugiés.

Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a eu raison de qualifier cette mesure d’outrageuse et d’y voir un exemple de restrictions illégales à l’accès humanitaire. Des ONG israéliennes ont averti qu’elle violait les principes d’indépendance et de neutralité des organisations humanitaires.

Israël affirme que ces mesures sont nécessaires pour empêcher les ONG d’employer du personnel ayant des liens avec des groupes extrémistes. Le pays a maintes fois prétendu que le Hamas avait infiltré des organisations humanitaires et exploité l’aide internationale, sans toutefois fournir de preuves tangibles. Compte tenu du nombre important de travailleurs humanitaires arbitrairement détenus et tués depuis le début du conflit, la demande de listes de personnel a suscité l’inquiétude. Israël aurait refusé les demandes de réunion sur ce sujet.

Parallèlement, Israël interdit l’importation de fournitures essentielles comme les piquets de tente et les générateurs dans les convois humanitaires, sous prétexte qu’elles pourraient être utilisées à des fins militaires, tout en autorisant les commerçants à introduire ces articles sur son territoire. Tandis que les Palestiniens ordinaires souffrent, des acteurs, à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire, en tirent profit financièrement et politiquement. Des officiers américains en Israël auraient insisté à plusieurs reprises pour que des articles clés, notamment les piquets de tente, soient retirés de la liste noire, sans succès.

À Washington, la frustration semble grandir face aux tentatives de Benjamin Netanyahu de freiner le processus de paix. Pourtant, alors que Donald Trump a déclaré lundi, lors de sa rencontre avec le Premier ministre israélien, vouloir passer à la deuxième phase au plus vite – et a averti que des conséquences désastreuses seraient à prévoir si le Hamas ne désarmait pas rapidement –, il est apparu serein face à la réticence d’Israël à se retirer de la moitié de Gaza qu’il contrôle.

Loin de « respecter le plan à 100 %  », comme l’affirmait M. Trump, il est clair qu’Israël ne se conforme pas à un accord que les Palestiniens n’ont accueilli qu’avec un soulagement timide, comme seule alternative à la poursuite de la guerre. S’il veut être salué comme un négociateur avisé, il doit faire respecter cet accord. Garantir une aide humanitaire à ceux qui vivent dans des conditions désespérées n’est pas un acte de munificence arbitraire, ni une clause négociable. Il ne s’agit pas simplement d’une question d’humanité et de décence élémentaires ; le droit international exige que les parties au conflit facilitent l’aide. Les alliés d’Israël ont été progressivement contraints de reconnaître et de dénoncer le carnage à Gaza. Ils ne doivent plus tergiverser. Ce n’est pas le mauvais temps, mais la mauvaise foi qui constitue la plus grande menace pour ceux qui luttent aujourd’hui pour survivre.

Source : THE GUARDIAN
https://www.theguardian.com/comment...


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