LE GÉNOCIDE A GAZA ET LE SILENCE DE L’ÉGLISE EN FRANCE

lundi 27 octobre 2025

Par Michel Marchand, adhérent à AFPS - Palestine 13
le 26 octobre 2025

michel.marchand13@gmail.com

Penser Gaza sera toujours trop peu à côté de l’énormité du crime dont nous sommes témoins et parties prenantes, nous tous occidentaux, européens, croyants, incroyants. Étienne Balibar, philosophe,membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine rappelle que « la colonisation de la Palestine est un moment intrinsèque de l’histoire de l’impérialisme européen, poursuivi par l’étroite association d’Israël avec les puissances occidentales qui lui procurent financement, armement, protection diplomatique » et il ajoute « la caractéristique idéologique qui se met en place après la fondation d’Israël, c’est le couplage imaginaire de la citoyenneté israélienne avec l’appartenance au judaïsme mondial dans un « seul peuple juif » dont Israël serait le centre spirituel et le porteur de la légitimité politico-religieuse. Cette construction est le ressort de l’identification de l’antisionisme à l’antisémitisme ».

La question palestinienne est intrinsèquement politique, mais elle résonne dans les sphères religieuses chrétienne et juive. Comment alors expliquer le silence de l’Église, son refus de condamner le génocide perpétré à Gaza dans un contexte de culpabilité post-Shoah et de construction d’un dialogue inter-religieux avec le judaïsme issu du concile Vatican II. Le texte qui suit aboutit à la conclusion que la relation actuelle du christianisme et du judaïsme est une clé de compréhension du silence de l’Église face au génocide commis à Gaza par l’État d’Israël.

Les questionnements sans réponse.
La riposte israélienne sur la population civile de Gaza après l’attaque du 7 octobre 2023 par des groupes issus de la résistance palestinienne (dont le Hamas) a bouleversé beaucoup de consciences par son ampleur, son esprit de vengeance, son inhumanité. Suite à un échange négatif avec un prêtre curé d’une paroisse de l’Ardèche, je me suis adressé comme laïc en avril à des évêques et archevêques de plusieurs diocèses (Marseille, Ardèche, Quimper) et au Président de la Conférence épiscopale des évêques de France (CEF) avec deux interrogations :

• pour quelle raison, l’Église se révèle-t-elle incapable d’exprimer sa position face au génocide perpétré par l’État d’Israël à Gaza ?

• quelle est aujourd’hui la signification du dialogue judéo chrétien, alors que les autorités religieuses juives, dans leur majorité, apportent un soutien à l’agissement de l’État d’Israël ?

Aucune réponse ne m’a été donnée.

Les échanges avec d’autres interlocuteurs, montrent que des voix discordantes au sein de l’Église se sont élevées face à ce silence, on peut citer le GAIC (Groupe d’amitié islamo chrétienne), le collectif ANASTASIS, les Chrétiens de la Méditerranée, les Amis de SABEEL France. On peut ajouter l’interpellation d’un moine cistercien de l’Abbaye de Cîteaux s’adressant le 3 avril 2024 à l’archevêque de Dijon1 :
 Quand cessera « notre » silence gêné ? Quand cessera « notre » complicité affligée ?
 Quand cesserons-nous de pleurnicher après la paix sans réclamer la justice ?
 Quand cesserons-nous de répéter des mensonges auxquels nous finissons par croire au lieu de dire la vérité ?
 Quand cesserons-nous de dire « Israël a droit de se défendre » alors qu’il est l’occupant, le tortionnaire, le bourreau depuis 75 ans ?
 Quand ouvrirons-nous les yeux pour voir que le Judaïsme qui est une religion honorable n’est pas la même chose que le sionisme qui est une idéologie mortifère, prédatrice, suprémaciste… ?

Cette interpellation résonne avec le commentaire prémonitoire et à présent d’actualité de la philosophe Simone Weil qui s’exprimait ainsi en 1938 lors d’un débat sur la Palestine. « Simone Weil voit un […] danger dans l’installation juive en Palestine : pourquoi créer une nationalité nouvelle ? Nous souffrons déjà de l’existence de nations jeunes, nées au dix-neuvième siècle, et animées d’un nationalisme exaspéré. […] Aussi ne faut-il pas aujourd’hui donner le jour à une nation qui, dans cinquante ans, pourra devenir une menace pour le proche Orient et pour le monde. L’existence d’une vieille tradition juive en Palestine est précisément une raison pour créer un foyer juif ailleurs qu’à Jérusalem » (ref. Nouveaux Cahiers n° 38, février 1939).

On peut y ajouter deux autres questions :

• pourquoi les Églises de France et d’Europe ignorent-elles les appels répétés des chrétiens palestiniens, transmis par le mouvement « Kairos Palestine » pour condamner le génocide en cours, la politique d’apartheid, le nettoyage ethnique de l’État d’Israël (https://www.kairospalestine.ps/images/Appel_de_P%C3%A2ques_2025_de_Kairos_Palestine.pdf

• pourquoi les Églises occidentales ne prennent-elles pas en compte la récente Déclaration du Conseil œcuménique des églises chrétiennes (COE) formulée en juin dernier à Johannesburg en Afrique du Sud ? (https://www.afrique-asie.fr/le-conseil-oecumenique-des-eglises-denonce-lapartheid-et-loccupation-disrael-et-appelle-au-desinvestissement-et-aux-sanctions/)

A ces questions supplémentaires, s’ajoute un constat : les mots "génocide" et "Palestinien" ne sont jamais prononcés dans les communiqués officiels des Évêques de France (via la structure officielle de la CEF) qui mettent toujours en avant la libération des otages israéliens, sans jamais mentionner les milliers de Palestiniens emprisonnés, souvent sans jugement, ni motifs définis.

Le "silence" de l’Église devient alors synonyme de "complicité", au même titre que la position adoptée par la majorité des autorités religieuses juives en France qui ne condamnent pas l’agissement génocidaire de l’État d’Israël (à distinguer, notamment, des mouvements juifs actifs comme l’UJFP, TSEDEK et le rassemblement « Juives et juifs pour le respect des droits du peuple palestinien »).

A ces questionnements sans réponse, nous avons été quatre, Pascal André médecin urgentiste, témoin de Gaza2, Alain Duphil, diacre du diocèse de Toulouse, Anne de Vergnette, laïque franciscaine de Marseille et moi-même, à solliciter à plusieurs reprises, la dernière en date étant du 3 juillet 2025, une rencontre avec l’archevêque de Marseille, Mgr Jean-Marc Aveline, à présent président de la CEF. Nous n’avons reçu aucune réponse. Nous avons transmis le 19 juillet ce courrier à 88 évêques de France : seuls deux ont répondu.

Il y a dans la tragédie palestinienne d’autres dimensions fondamentales :

• la dimension raciste contre les musulmans, contre les Arabes et plus globalement l’affrontement de deux théologies, celle de l’oppresseur (le monde blanc occidental) et celle des opprimés (les noirs d’Afrique du Sud au moment de l’apartheid, les colonisés palestiniens aujourd’hui). Cette dimension a été parfaitement exprimée dès octobre 2023 par le pasteur luthérien, Munther Isaac, Palestinien Arabe, de l’église évangélique luthérienne de Bethléem (voir en conclusion) ainsi que par les évènements à Gaza3.

• la dimension du lien qui unit le monde officiel catholique et le monde religieux juif. Le sentiment de culpabilité de la Shoah devient une raison d’État à l’encontre des Palestiniens qui n’y sont pour rien. Voici reproduit partiellement la déclaration en octobre 2024 de Mgr Vetö, évêque auxiliaire de Reims, référent pour les relations avec le judaïsme, à l’adresse de la communauté juive, en présence du grand rabbin de France Haïm Korsia (https://riposte-catholique.fr/archives/194528 ) : "l’Église catholique ressent la crise existentielle d’Israël et de tout le peuple juif, la perception d’une menace pour les individus et pour le peuple tout entier, notamment avec la terrifiante montée de l’antisémitisme qui souvent touche le quotidien de vos vies. .... Nous tenons à vous dire, vous n’êtes pas seuls.... nous vous considérons comme nos frères et sœurs aînés, voire nos pères et mères dans la foi et nous espérons pouvoir être considérés comme des amis. ...... Les nations du monde ont besoin de l’État d’Israël, un État d’Israël reconnu dans sa pleine légitimité par tous et en particulier par ses voisins. Le monde et l’Église ont besoin d’un État palestinien qui ait sa consistance et son entière autonomie et qui permette au peuple palestinien de vivre dignement".

Le mouvement Kairos et son actualité en Palestine
En septembre 1984, paraissait en Afrique du Sud un document théologique sous le titre « Document Kairos »4, moment favorable où Dieu lance un appel à une action décisive. L’Église sud africaine est divisée, — une blanche et une noire -, celle de l’oppresseur, celle de l’opprimé. « En Afrique du Sud, nous sommes assis dans la même Église alors qu’au dehors, des policiers et des soldats chrétiens battent et tuent des enfants chrétiens ou torturent à mort des prisonniers chrétiens tandis que d’autres chrétiens tout près essaient faiblement de plaider pour la paix ». Quarante ans plus tard, cette division se retrouve par rapport à la situation en Palestine, entre les chrétiens de Palestine et la position des Églises de France et d’Europe, disons du monde occidental. Quelques éléments de comparaison5 montrent que le « Document Kairos » conserve toute son actualité.

La « théologie d’État » du régime d’apartheid est présentée « comme la justification théologique du statu quo avec son racisme, son capitalisme et son totalitarisme » et quiconque la refuse est simplement rejeté en tant que « communiste et athée ». Face à l’occupation illégale de la Palestine par l’État d’Israël depuis 1967, une position analogue est mise en avant : les droits des Palestiniens de Gaza sont niés au motif qu’ils sont des « terroristes » (notion juridique absente des textes des Nations Unies) et ceux qui les soutiennent des « antisémites ».

Une « théologie cléricale » s’est exprimée pour critiquer l’apartheid, mais elle reste superficielle, se limitant à quelques idées courantes de la tradition chrétienne : la paix et la réconciliation, la justice et la non-violence. Les communiqués de l’Église en France à propos de la situation en Palestine font état en premier lieu de « l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 20236 », suivie de la riposte de l’armée israélienne (c’est à dire la légitime défense), l’exigence de la libération des otages (israéliens) sans conditions, sans évoquer que plus de 10 000 Palestiniens (adultes, enfants) sont incarcérés dans les prisons israéliennes, soumis à la torture et à des conditions de détention inacceptables. Il n’est pas fait mention de la situation de la Palestine depuis la création de l’État d’Israël, des droits bafoués des Palestiniens de manière continue et du non respect du droit international. La « réconciliation » est devenue, autant en Afrique du Sud au moment de l’apartheid qu’en Palestine, un principe absolu. Mais comme le signifie le « Document Kairos », « nulle part dans la Bible ou dans la tradition chrétienne, il n’a été suggéré que nous devrions essayer de réconcilier le bien et le mal, Dieu et le diable. Nous sommes supposés éliminer le mal, l’injustice, l’oppression et le péché et ne pas composer avec eux ». Le document ajoute, aucune réconciliation n’est possible sans la justice. De quelle justice parlons nous ? Peut-on parler de justice, de réconciliation lorsque le nettoyage ethnique, le génocide se poursuivent par la force occupante ? L’Afrique du Sud proposait la justice de la réforme, c’est à dire celle déterminée par l’oppresseur offerte comme une sorte de concession.

En Palestine, le discours occidental des autorités politiques et religieuses continue à parler d’un projet à deux États, alors que tous savent qu’un tel projet est mort-né depuis Oslo et que la puissance occupante coloniale israélienne le refuse, visant l’annexion des territoires occupés quel qu’en soit le prix à payer pour les Palestiniens. Dans les deux situations, il s’agit d’un problème d’injustice structurelle. Enfin qu’en est-il de la non-violence ?

Pour la théologie cléricale, il s’agit d’un principe absolu sans distinguer ceux qui utilisent la violence et ceux qui la subisse. Ce principe de non-violence fait exclusion de la violence structurelle, institutionnelle, déployée par la police et l’armée. Les deux intifadas ont occasionné la mort de 5 500 civils Palestiniens. Le nombre de civils palestiniens tués est estimé à plus de 25 000 de 1948 à 2023, à plus de 70 000 entre octobre 2023 et aujourd’hui. Là encore, la théologie cléricale se refuse à développer une analyse sociale de la situation en Palestine, comme si la question de l’antisémitisme était un barrage pour dire ce qui se passe dans ce pays, ne serait-ce qu’énoncer que les habitants de Palestine se nomment Palestiniens et qu’ils sont les habitants ancestraux de ce territoire, ce qui leur confère des droits qui ne leur sont pas reconnus. Se refusant à développer une telle analyse, la théologie cléricale fait obstacle pour envisager un quelconque chemin vers la Paix.

Concrètement l’appel de Pâques 2025 de « Kairos Palestine » (https://www.kairospalestine.ps/images/Appel_de_P%C3%A2ques_2025_de_Kairos_Palestine.pdf) exprime la demande claire et forte exprimée par les chrétiens de Palestine aux Églises occidentales. « les chrétiens de Gaza, tout comme leurs voisins musulmans, continuent de subir d’atroces souffrance dans cette guerre génocidaire »…. « en même temps et partout dans le monde, des chrétiens conservateurs et des mouvements sionistes chrétiens favorisent de tels agissements et soutiennent la violation des droits des Palestiniens par l’État d’Israël ».

L’appel est très clair « nous ne pouvons pas tolérer les politiques et les pratiques d’oppression de vols de terres, de nettoyage ethnique et de génocide mises en œuvre par l’État d’Israël ». « Kairos Palestine » demande fermement aux Églises à engager des actions concrètes : partager cet appel avec les paroisses et les diocèses de votre pays, défendre les droits des Palestiniens en soutenant l’initiative BDS7, agir pour que les auteurs israéliens de crimes internationaux et les personnes et institutions complices aient à répondre de leurs actes, ….

Cet appel aurait du être répercuté dans les paroisses des Églises de France et faire l’objet d’une déclaration officielle sur ce qui se déroule en Palestine, comme cela est attesté par les Nations Unies et nombre d’ONG internationales et israéliennes (comme B’Tselem et Physicians for Human Rights Israel). A notre connaissance, cela n’a pas été fait...

Le judaïsme et le dialogue judéo-chrétien à l’épreuve de la guerre en Palestine
L’expression « civilisation judéo-chrétienne » s’est imposée dans le langage politique et médiatique à partir des années 1980, jusqu’à en faire l’expression du socle de la civilisation occidentale, alors qu’auparavant l’Europe se réclamait principalement de l’héritage gréco-latin8,9. Cette évolution redéfinit le rapport entre judaïsme et christianisme, occultant les siècles d’antagonisme entre les deux religions. L’intégration du judaïsme dans une identité commune avec le christianisme permet à ce dernier de se laver du crime passé lié à la Shoah10. Cette intégration s’accompagne implicitement du rejet de l’Islam, qui se trouve de ce fait exclu du récit civilisationnel occidental. Cette mutation reflète aussi une évolution dans laquelle l’État d‘Israël s’est évidemment engouffrée.

En 2017, Emmanuel Macron invitait en France le Premier ministre israélien Netanyahou à commémorer le 75ème anniversaire de la rafle du Vel’d’Hiv, événement purement français. A ce titre, cette invitation donnait à Israël la vocation à intervenir dans toute question concernant les juifs, faisant d’Israël leur représentant légitime, l’État d’Israël se définissant comme un fragment d’Occident, poste avancé de la « civilisation judéo-chrétienne ». Ainsi, Netanyahou, invité le 30 mais 2024 sur le plateau de LCI n’hésitait pas à déclarer en plein génocide sur Gaza « nous faisons partie de la culture européenne. Notre victoire (sur Gaza), c’est votre victoire ».

Mais si Israël représente tous les juifs, ceux-ci deviennent alors comptables des crimes commis en leur nom. L’opinion internationale, dans une écrasante majorité, renvoie l’État d’Israël dans le camp des bourreaux et provoque la montée de l’antisémitisme. La prise en compte de cette double évolution idéologique (Israël représentant du monde juif, rejet de l’Islam) et géopolitique (soutien inconditionnel à Israël) devient un marqueur prédominant aux questions évoquées précédemment sur le silence de l’Église dans le conflit génocidaire qui oppose Israël au peuple palestinien.

Le fondement du dialogue judéo-chrétien s’inscrit dans le texte fondateur du dialogue interreligieux promu par le concile Vatican II, la déclaration Nostra Aetate, promulguée en octobre 1965, modifiant de manière significative l’approche du catholicisme à l’égard des autres religions et marquant un tournant dans la relation avec le judaïsme.

Pour la France qui compte la plus grande communauté juive d’Europe d’environ 550 000 personnes, c’est un document important. La mémoire du régime de Vichy responsable de la déportation d’environ un quart de la population juive d’alors, reste toujours vive et douloureuse. Pour construire cette nouvelle relation, un rassemblement eut lieu à Seelisberg en Suisse durant l’été 1947, à l’initiative de l’historien juif français Jules Isaac.

Un nouvel appel fut publié en 2009 à Berlin, adressé plus largement aux communautés chrétiennes et juives à travers le monde. Ce nouvel appel, appelé les « Douze points de Berlin », définissait 12 objectifs. La lecture de ce document suscite une très large adhésion lorsqu’il s’agit de combattre l’antisémitisme, de promouvoir le dialogue interreligieux, de développer une compréhension théologique du judaïsme, de reconnaître les efforts accomplis par de nombreuses communautés chrétiennes pour réformer leur attitude à l’égard des Juifs, de réviser les textes juifs et la liturgie à la lumière des réformes chrétiennes.

Toutefois, des ambiguïtés existent lorsqu’il s’agit d’évoquer la Palestine depuis la création de l’État d’Israël. Les droits du peuple palestinien ne sont pas clairement et véritablement affirmés, les Palestiniens sont invisibilisés. La critique de l’État d’Israël est toujours suspectée d’antisémitisme. Le texte de Berlin de 2009 évoque avant l’heure « les chrétiens vivant dans l’État juif », acceptation prémonitoire d’une société israélienne discriminatoire pour les non juifs (ceci fait référence au vote en 2018 par le parlement israélien de la loi fondamentale, ayant valeur de constitution, définissant Israël comme le « foyer national du peuple juif »).

Dans un tel contexte, on peut lire les réflexions de Liliane Apotheker11, militante juive de terrain au sein de l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF) dont elle fut l’ancienne présidente. Elle n’esquive pas les difficultés du dialogue, consécutifs à deux éléments incontournables, la Shoah et la création de l’État d’Israël. Pour faire face à la réalité de ce dialogue, les groupes AJCF évitent le plus souvent les deux sujets afin de préserver la convivialité et même quelquefois la possibilité de la rencontre.

Écoutons également les propos du frère bénédictin Louis-Marie Coudray, Supérieur de l’abbaye d’Abu Gosh, située près de Jérusalem, ancien responsable des relations avec le judaïsme au sein de la Conférence des Évêques de France. Ses réflexions se placent dans les semaines qui ont suivi l’attaque meurtrière du 7 octobre 2023 (https://www.ajcf.fr/Frere-Louis-Marie-Coudray-nous-partage-ses-reflexions-sur-la-situation-des.html).

Pour ce religieux, la question juive est centrale, de manière naturelle ou instrumentalisée pour ceux qui sont animés d’une passion anti juive ou antisémite. La façon de penser de ce religieux nie l’oppression coloniale de l’État d’Israël. Cette passion anti-juive, dit-il, se pare de la défense des Palestiniens. Il ajoute, au moment où le génocide se commet, que le drapeau palestinien est devenu le symbole de n’importe quelle lutte, remplaçant le portrait de Che Guevara brandi durant les années 1970 ; il poursuit jusqu’à l’indécence : « défendez la culture de la laitue sur le plateau du Larzac et vous aurez des drapeaux palestiniens ! ». Il évoque la complexité de la situation et met en symétrie l’angoisse et la souffrance des Israéliens et des Palestiniens, sans mentionner une seule fois la situation discriminatoire d’apartheid, l’oppression dans les territoires occupés, les massacres des populations civiles de Gaza, l’accusation de génocide, l’illégalité de l’occupation des territoires palestiniens. Face à la situation actuelle en Palestine, son analyse conduit à affirmer que c’est la légitimité de l’existence d’Israël qui est remise en cause. En d’autres termes, le bourreau est devenu victime.

Les voix religieuses juives ne sont pas uniformes. Il y a celle qui interpelle et pose question, celle du grand rabbin de France, Haïm Korsia, interlocuteur privilégié de l’Église de France, qui n’hésite pas à souhaiter que l’armée israélienne « finisse le travail ». On retrouve le même genre de propos de la part du grand rabbin de Marseille, Réouven Ohana, s’adressant fin 2023 à la communauté juive dont il a la charge « il faut que nous fassions quelque chose pour nos soldats, qui défendent notre peuple sur notre territoire ».

Dans son discours de commémoration, le 7 octobre 2024, il évoque « une guerre juste et existentielle ». A l’opposé, les propos du rabbin orthodoxe séfarade, Gabriel Hagaï12, expriment une toute autre vision de la Torah dans la tragédie palestinienne. Pour lui, « les institutions juives françaises n’aident pas à calmer la situation, au contraire. Leur soutien inconditionnel à l’État d’Israël leur fait assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme et ouvre le bal de tous les amalgames. La communauté juive se retrouve prise en otage par l’idéologie sioniste ».

Les relations judéo-chrétiennes à la lecture de la Bible
Je n’ai aucune compétence pour aborder un tel sujet. Je prendrai, avec son autorisation, les réflexions apportées par Alain Duphil, diacre au diocèse de Toulouse, auteur en 2006 d’un ouvrage (épuisé) « Au pays de Jésus. Les Chrétiens et la lignée d’Abraham » (édition Amalthée). Ses réactions sur les événements en cours sont dénués de toute ambiguïté : « Eux à Gaza, c’est la mort de faim qui les guette. Mais nous catholiques occidentaux, si nous ne faisons rien, c’est direct l’Enfer qui nous guette selon Matthieu 25, 41-42 « Allez-vous en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger ». Les commentaires de Alain Duphil portent essentiellement sur les orientations pastorales du comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme, publiées le 16 avril 1973.

Deux commentaires sont particulièrement abordés « la vocation permanente du peuple juif » et le retour du peuple juif sur « sa » terre,nous limiterons le propos à la légitimité du retour du peuple juif en Palestine.

Les « Orientations pastorales » de 1973 évoquent « l’affrontement de diverses exigences de justice » à cause du retour du « peuple juif sur « sa » terre ». Très justement, sont mentionnés « ceux qui, à la suite des conflits locaux résultant de ce retour, sont actuellement victimes de graves situations d’injustice », pourquoi les populations arabes palestiniennes dont il est question ne sont-elles pas nommées, au lieu d’être appelées seulement « ceux »13 ? On arrive donc à LA question, la question de la terre, et donc du retour : le « retour » des Juifs en Palestine.

Il faut noter l’amalgame erroné chez de nombreux catholiques d’identifier les personnes d’aujourd’hui de confession ou culture juive, au « peuple de l’alliance » de l’Ancien Testament. Ces catholiques n’ont sans doute pas lu les livres de l’historien israélien Shlomo Sand14. C’est du fondamentalisme que de rester dans l’idée que les juifs d’aujourd’hui sont des descendants en ligne directe du peuple hébreu, alors que la plupart d’entre eux sont des descendants des nombreux juifs par conversion dans tout l’empire romain, ou des ashkénazes, descendants des sujets de l’Empire Khazar dont la religion officielle choisie par l’empereur était le judaïsme, ou des séfarades, descendants de sujets d’un royaume de religion juive en Afrique du nord avant la conquête islamique.

La question exacte à présent est la légitimité de ce retour. En fait il y a deux questions, ce retour est-il légitime d’un point de vue humain et politique, ce retour est-il légitime dans le plan de Dieu ? La théorie de l’exil et du retour des Juifs en Palestine est une construction idéologique qui instrumentalise la Bible pour justifier une conquête par la force. L’ancienne dirigeante travailliste Golda Meir déclarait en 1969 : « les Palestiniens n’ont jamais existé », déclaration reprise par le ministre d’extrême droite Bezazel Smotrich du gouvernement Netanyahou, déclarant en 2023 : « le peuple palestinien est une invention de moins de 100 ans ». Mais l’évolution contemporaine du judaïsme ne peut se résumer « à un titre de propriété foncière » sur la Palestine, selon l’expression du prêtre maronite libanais Youakim Moubarac15.
« Retour » et légitimité politique.

Parler de retour 2000 ans après, en histoire humaine, c’est délicat. Ceux qui reviennent ne doivent-ils pas se douter qu’il a pu se passer beaucoup de choses en deux millénaires, dont ils devront tenir compte ? Et au-delà du retour, la re-création d’un État posait, a posé, et pose encore plus de problèmes. Après une si longue période, c’est un retour unique dans l’histoire. Ce retour en Palestine, les juifs le doivent à leur opiniâtreté, à vouloir ce retour, à leur pouvoir de lobbying et….. à la force de leurs armes. Si légitimité il y a, elle est politique et il n’y a pas à chercher des fondements théologiques ou religieux. La légitimité de ce retour des Juifs, au regard des injustices qu’il risquait de provoquer, et qu’il a provoquées vis-à-vis de centaines de milliers d’Arabes obligés de quitter leur maison, leur village et leur pays, reste discutable, dans le sens qu’on peut la discuter. Cette légitimité discutable du « retour » des Juifs en Palestine, a donc été discutée aux Nations Unies, elle a été validée par le vote de cette assemblée sur un plan de partage, en 1947.

Cette légitimité de l’État d’Israël, en fin de compte, ne vient donc que de celle que lui ont accordée les instances internationales par un vote. Si Israël a bénéficié du droit international, qui a reconnu une légitimité à son existence, il lui impose d’accepter aussi le droit international quand ce droit reconnaît la légitimité des aspirations des Palestiniens. L’État d’Israël est tenu de respecter le droit international et les résolutions de l’ONU qui vont avec. C’est la condition de la paix, c’est l’intérêt de la région, c’est l’intérêt du monde entier, c’est aussi l’intérêt à long terme des Juifs d’Israël et de partout dans le monde. Jean Paul II rappelait cela en mars 2000 en Israël, durant son pèlerinage en Terre Sainte : « Il n’y aura pas de fin au triste conflit en Terre Sainte sans garanties stables pour les droits de tous les peuples impliqués, sur la base de la loi internationale et des résolutions pertinentes des Nations Unies ».

« Retour » et légitimité divine
Ce retour est-il légitime dans le plan de Dieu ? Si ce retour peut trouver une légitimité politique dans les lois internationales, ce retour ne peut tirer aucune légitimité d’un quelconque « plan de Dieu », Jésus le dit lui-même : à celui qui lui demande : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi mon héritage », il répond : « Qui m’a établi pour être votre juge ou régler vos partages ? » (Luc 12, 13-14). La promesse de la terre n’a jamais fait du peuple hébreu le propriétaire, ni absolu, ni exclusif de cette terre. Dans le Lévitique 25,23, Dieu dit : « La terre m’appartient et vous n’êtes chez moi que des étrangers et des hôtes ». Avec Jésus, tout change : « heureux les doux, ils obtiendront la terre. ». C’est la Nouvelle Alliance, annoncée par les prophètes : « Voici des jours, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël une alliance nouvelle, non pas comme celle que je fis avec leurs pères... » (Jérémie 31,31-34), alliance où il n’est plus question de terre pour un peuple, mais de cœur de chair et d’Esprit de Dieu pour toute l’humanité.

Le plan de Dieu, dont Jésus est le messager, ne peut justifier l’appropriation violente d’une terre en son nom. Il appartient aux hommes d’assumer la responsabilité de leurs affaires, y compris politiques. Si on doit voir le plan de Dieu dans le retour des Juifs au Proche-Orient, est-ce que la Shoah serait aussi dans le plan de Dieu ? Le retour des Juifs en Israël est un fait de l’histoire humaine, qui vient d’une volonté humaine. Les colons qui disent que la terre qu’ils s’approprient leur a été donnée par Dieu sont des fanatiques fondamentalistes, aussi dangereux que les terroristes islamistes.

Conclusion
Comment conclure sur une telle situation qui touche à la vie, la mort de plusieurs millions de personnes à Gaza, mais tout autant dans les territoires de Cisjordanie et de Jérusalem-Est occupés illégalement par Israël. L’actualité déchire le voile, s’il en était encore besoin, des intentions du gouvernement sioniste par la voix de son premier ministre, Netanyahou, « il n’y aura pas d’État palestinien, cet endroit nous appartient » ; les territoires occupés seraient donc à Israël « État-nation du peuple juif ».

Que signifie à présent pour l’Église de France le retour du peuple juif sur « sa » terre. L’Église confirme-t-elle les mêmes orientations pastorales publiées en 1973 ? Selon quelle légitimité historique, politique ? Selon quelle légitimité divine ?

Quelques éléments permettent de situer les interrogations sur le silence de l’Église.
== > Dès le 23 octobre 2023, le pasteur palestinien arabe Munther Isaac16 de l’Église évangélique luthérienne de Bethléem s’exprimait ainsi : « L’hypocrisie et le racisme du monde occidental est évidente et effrayante ! ....Nous sommes indignés par la complicité de l’Église. Soyons clairs : le silence est complicité, et les appels creux à la paix sans cesser le feu et sans mettre fin à l’occupation, et les phrases vaines sur l’empathie sans action directe. Voici donc mon message : Gaza est aujourd’hui devenue la boussole morale du monde. Gaza était l’enfer sur terre avant le 7 octobre….. Si vous n’êtes pas horrifiés par ce qui se passe ; si vous n’êtes pas ébranlé jusqu’au fond de vous-même – c’est que votre humanité est en défaut. ....... Si vous n’arrivez pas à appeler cela un génocide, c’est à vous que cela incombe. C’est un péché, une part de ténèbres, que vous adoptez de plein gré ». Il ajoute « nos enfants meurent devant le silence du monde et devant le silence de Dieu. Comme le silence de Dieu est difficile ! ».

= => Le 25 août 2025, le cardinal philippin Pablo Virgilio David (Journal La Croix, 5 septembre 2025) exprime enfin ce que l’on était en droit d’attendre de l’Église de France, plus largement des Églises occidentales. « Chers citoyens israéliens, en particulier les juifs parmi vous, Shalom ! En ce jour, je souhaite m’adresser à vous avec humilité, respect et urgence. Vous êtes un peuple qui porte en lui le souvenir d’une souffrance indicible, d’un génocide et d’un nettoyage ethnique qui ont autrefois cherché à vous effacer de l’histoire. De ces cendres, vous vous êtes relevés, gardant vivant le cri : « Plus jamais ça ». Mais aujourd’hui, les yeux du monde voient une terrible contradiction. Les politiques de votre gouvernement à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés ont infligé à un autre peuple ce que vous avez vous-mêmes enduré autrefois. Des familles entières déracinées, des maisons détruites, des enfants affamés et bombardés. Gaza est devenue un cimetière d’innocents. Croyez-vous vraiment que la force brute contre un peuple malheureux et emprisonné vous garantira une sécurité durable ? La sécurité ne peut être fondée sur la domination, ni la paix sur l’oppression. La poursuite d’un programme idéologique sioniste au détriment de la dignité et de la survie d’un autre peuple est non seulement injuste, mais elle profane votre propre histoire, vos propres Écritures, votre alliance avec le Dieu de justice et de miséricorde. J’en appelle à votre conscience : ne durcissez pas vos cœurs. Écoutez aujourd’hui la voix du Seigneur. Ne laissez pas vos ancêtres, qui ont crié dans les ghettos et péri dans les camps de concentration, se retourner dans leur tombe en voyant leurs descendants infliger une punition collective à un peuple qui n’a rien à voir avec leurs souffrances…...L’histoire s’en souviendra. L’Humanité nous observe. Et le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob nous tiendra tous pour responsables ».

Selon Laurent Baudoin, un des membres responsables du GAIC, il apparaît qu’une relève semble se faire jour entre un épiscopat occidental à bout de souffle – et dévalorisé, entre autres exemples, par son long silence sur le génocide à Gaza – et un épiscopat du "Sud global", plus sensible aux douleurs de l’humanité, qui touchent notamment les populations les plus fragiles, et donc plus proche du message de l’évangile. Comme on pouvait s’y attendre, ce texte fort a été peu relayé par les médias occidentaux.

= => comment construire la paix sans vérité et justice ?
Il n’est pas plus supportable de faire abstraction des conséquences de la Shoah en Europe et de ses répercussions jusqu’en Palestine que de nier l’existence des droits fondamentaux des Palestiniens sur leurs terres occupées et de la justice qui doit leur être rendue si l’on se fixe un objectif de paix en Palestine. On peut reprendre la réflexion de Didier Fassin, professeur au Collège de France et auteur de l’ouvrage « Une étrange défaite. Sur le consentement à l’écrasement de Gaza » (édition La Découverte)17. il note que jamais le discours politique et médiatique n’a rendu compte de la mobilisation en faveur du droit à la vie des Palestiniens, de leur droit à une vie bonne. Il est toujours fait état d’un camp pro-palestinien s’opposant à un camp pro-israélien. Mais, dit-il « quand on demande l’arrêt du massacre des civils, simplement parce que on ne tue pas des innocents, quand on appelle à la fin du siège total, simplement parce qu’on n’affame pas des êtres humains, quand on condamne la dévastation des hôpitaux, simplement parce qu’on ne prive pas les malades et les blessés de soins médicaux, quand on critique la destruction des écoles et des monuments, simplement parce qu’on n’enlève pas à un peuple sa culture et son histoire, il semble que pour beaucoup, parmi les commentateurs, il n’est pas possible d’imaginer un autre camp, celui de la vie ».

C’est en ce sens que l’Église catholique de France porte une très grande et très lourde responsabilité par son silence. Son message aurait du répondre autant aux valeurs humaines que spirituelles que chacun est en capacité de comprendre et en charge de porter. La responsabilité de l’Église s’articule sur le devoir de vérité et de justice. Elle se doit de prendre en compte ces deux aspects si elle veut contribuer modestement à l’instauration de la paix en Palestine. Elle peut également rester « une âme tiède » comme le fut, selon l’expression d’Albert Camus, le pape Pie XII au moment de la Shoah. Un tel choix sera signe de honte, de compromission et de complicité au crime de génocide commis par Israël au nom du sionisme, idéologie mortifère, prédatrice, raciste et suprémaciste, comme le rappelait le moine cistercien de l’Abbaye de Cîteaux. Conformément au droit international, la paix ne saurait être instaurée sans que tous les peuples vivant dans ce qu’il est souvent appelé la « Terre Sainte », -Palestiniens, Israéliens, chrétiens, juifs, musulmans, de toutes confessions et sans confession- puissent vivre ensemble sur une terre commune.

Notes, commentaires et références
/1/ Le Dr Pascal André a été avec d’autres, initiateurs d’un mouvement de grève de la faim en avril 2025 « Hungry for Justice in Palestine »
/2/ Massacre de Nuseirat. Sur le terrain du conflit en Palestine, la vie d’un Juif n’équivaut pas celle d’un Arabe. Nos médias dominants préfèrent les Israéliens plutôt que les Palestiniens. Ainsi, il a été rendu compte du « succès » de l’opération militaire visant à délivrer quatre Israéliens détenus dans un camp de réfugiés, le 8 juin 2024, ainsi que les manifestations de « joie » lors de leur accueil à Tel-Aviv, mentionnant simplement en fin de reportage le coût humain, côté palestinien de l’intervention militaire israélienne : 274 morts, dont 64 enfants et 57 femmes, et 700 blessés. Les présidents des États-Unis et de la France se réjouirent de la libération des 4 otages israéliens, sans exprimer un mot pour les centaines de victimes civiles palestiniennes. Pour les médias officiels, il s’agissait de « libération des otages », dans les médias indépendants, l’épisode est connu comme le « massacre de Nuseirat »
/3/ Goguel Anne-Marie (1986). Le document « Kairos ». In : Autres Temps. Les cahiers du christianisme social. N°9, pp. 57-67 ; https://www.persee.fr/doc/chris_0753-2776_1986_num_9_1_1071.
/4/ Michel Marchand et Anne de Vergnette (2025) Commentaires sur le document Kairos (doc interne)
/5/ En réalité il s’agit de « l’attaque du 7 octobre 2023 par des groupes issus de la résistance palestinienne (dont le Hamas) »
/6/ BDS, initiative « Boycott, Désinvestissement et Sanctions » contre l’État d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international et aux résolutions des Nations Unies.
/7/ Georges Corm (2019) Les valeurs judéo-chrétiennes, une notion impropre en Orient. L’Orient le jour. https://www.lorientlejour.com/article/1171970/les-valeurs-judeo-chretiennes-une-notion-impropre-en-orient.html
/8/ Sophie Bessis (2025) La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d’une imposture. Ed. Les Liens qui Libèrent (LLL)
/9/ Voir l’ouvrage de Nina Valbousquet (2024) « Les âmes tièdes. Le Vatican face à la Shoah » (ed. La Découverte). L’ouvrage a été écrit après l’ouverture des archives de Pie XII par le pape François en 2020. Le titre fait référence à un article d’Albert Camus publié dans le journal Combat, commentant la parole du pape Pie XII à Noël 1944 « notre monde n’a pas besoin d’âmes tièdes. Il a besoin de cœurs brûlants »
/10 / Liliane Apotheker (2017) Le dialogue judéo-chrétien : perspectives d’une militante juive de terrain. Revue Lumen Vitae, vol LXXII : 287 - 298
/11/ Le rabbin Gabriel Hagaï (Itinéraire d’une initiation, éd. Vues de l’esprit),rappelle l’essence du judaïsme comme religion fondée sur l’amour inconditionnel et l’effacement de l’ego, porteuse d’un message universel qui ne peut se satisfaire de l’injustice et de l’oppression. Il en tire les conséquences pour ce qui est de la situation politique en Palestine (cf. https://ujfp.org/le-rabbin-gabriel-hagai-la-torah-ne-saurait-legitimer-le-massacre-des-palestiniens/).
/12/ Shlomo Sand (2008) Comment le peuple juif fut inventé. Ed Flammarion, Coll. Champs Essais
/13/ Georges Corn (2004), Youakim Moubarac, Un homme d’exception, Librairie orientale, Beyrouth. l’Association des Amis de Youakim Moubarac (http://www.youakimmoubarac.org/) a la conviction profonde que le dialogue interreligieux - et notamment le dialogue islamo-chrétien - est une priorité pour la construction et le maintien de la paix dans le monde du XXIe siècle.
/14/ Munther Isaac est l’auteur de l’ouvrage « L’Autre Côté du Mur » (2023), un récit chrétien palestinien de lamentation et d’espoir. L’auteur, théologien, raconte qu’invité à une importante conférence de la mission chrétienne en Irlande, les organisateurs lui refusent de prendre la parole en utilisant l’argument « C’est parce que vous êtes Palestinien ! »
/15/ voir également la vidéo de l’interview de Didier Fassin par le journal Blast (https://www.youtube.com/watch?v=z8U9dE4r8R8)

GLOSSAIRE
ANASTASIS : mot grec signifiant « résurrection » et « insurrection
AJCF : Amitié judéo-chrétienne de France
BDS : Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l’État d’Israël
B’Tselem : Centre israélien d’information pour les droits de l’homme, signifie en hébreu « à l’image de », allusion au verset du livre de la Genèse « Dieu créa les humains à son image : il les créa à l’image de Dieu ».
CEF : Conférence des évêques de France
COE : Conseil œcuménique des églises chrétiennes
GAIC : Groupe d’amitié islamo-chrétienne
KAIROS : mot grec signifiant le temps du moment opportun, avant est trop tôt, après trop tard
SABEEL : Centre œcuménique de Théologie de la Libération, le chemin, le chenal, ou la source, en arabe.
TSEDEK : Collectif juif décolonial
UJFP : Union juive française pour la paix


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