Réouverture partielle du point de passage de Rafah : des femmes racontent leur retour à Gaza

vendredi 20 février 2026

À Gaza, la réouverture partielle du point de passage de Rafah le 2 février a permis plus de 312 entrées et 316 sorties, parmi lesquelles 125 cas médicaux. C’est le seul point de passage possible pour entrer et quitter l’enclave sans passer par Israël. La réouverture de Rafah est prévue par le plan de paix américain. Rencontres avec des femmes gazaouies de retour d’Égypte où elles ont accompagné des proches souvent pour raisons médicales.

Un groupe de 40 Palestiniens autorisé à entrer à Gaza depuis l’Égypte suite à la réouverture tant attendue du point de passage frontalier de Rafah, le 4 février 2026. AP - Jehad Alshrafi

Pour entrer dans la bande de Gaza, il faut d’abord être sur une liste validée par les Égyptiens et les Israéliens. Premier contrôle donc côté égyptien. Rien à signaler, dit Lamia. À 27 ans, cette femme avait quitté l’enclave palestinienne il y a un an pour accompagner son mari atteint d’une leucémie. Il est décédé 3 mois plus tard en Égypte.

Lamia est donc rentrée à Gaza la semaine dernière avec son fils, elle explique comment s’est passé le second contrôle, cette fois devant des représentants de l’Autorité palestinienne et des observateurs de l’Union européenne (UE) : « Ils ont pris toutes nos affaires : liquides, parfum, crème. Ils ont pris mon téléphone. Ils ont pris mon chargeur. Et même ma bouteille d’eau. Je leur ai dit : "Mais quand mon fils aura soif, qu’est-ce que je vais lui donner ?" L’armée israélienne interdit tout ce qui est liquide ». La mission civile européenne Eubam qui surveille le passage frontalier confirme qu’il existe une liste de produits interdits dans l’accord conclu entre les différentes parties. La mission rappelle qu’elle n’est pas là pour appliquer la procédure mais pour aider les agents palestiniens.

Des miliciens anti-Hamas présents sur le parcours

Un seul bagage est autorisé, un seul téléphone portable et pas plus de 550 euros en espèces. En revanche sont confisqués sans explication : les liquides, les cigarettes, les appareils électroniques. Une fois ce passage franchi, les rapatriés montent dans un bus pour entrer dans la bande de Gaza en traversant la zone contrôlée par Israël cette fois.

Sabah, une mère de famille de 41 ans, a constaté la présence de miliciens Abou Shebab, un groupe armé anti-Hamas qu’elle considère comme des traîtres : « Nous sommes arrivés à un point de contrôle, il y avait deux hommes d’Abou Shabab, et 6 autres personnes. Ils nous ont fouillés, ont vérifié nos sacs et nos papiers, puis ils nous ont remis entre les mains des Israéliens  ».

Cette version corrobore ce que le chef de la milice dit aux médias, il a déclaré récemment que son unité allait « jouer un rôle important en matière de sécurité concernant l’entrée et la sortie par le passage de Rafah ». Interrogée sur la présence de ces miliciens, l’armée israélienne n’a pas répondu.

Les démentis de l’armée israélienne

L’armée dément les mauvais traitements que des Gazaouis disent avoir subi : interrogatoire menotté, avec les yeux bandés. Une fois le contrôle israélien effectué, avec interrogatoires, la ligne jaune traversée, le voyage s’est achevé dans la partie de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas. Trois cents Gazaouis sont rentrés chez eux depuis la réouverture de Rafah.

L’ONU et les organisations humanitaires réclament depuis des mois la réouverture totale de la frontière avec l’Égypte, prévue dans le cadre du plan américain afin de permettre l’afflux de l’aide humanitaire. L’aide internationale venant d’Égypte transite jusqu’à présent par le poste-frontière israélien de Kerem Shalom.

Source : RFI Publié le : 13/02/2026 - 11:51
https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/...


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