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Violences contre les membres de la flottille pour Gaza : le ministre israélien Ben Gvir interdit de séjour en France
De nombreux militants de la flottille sont arrivés vendredi à Paris après avoir subi des crimes et des violences durant leur détention. Au moins 15 personnes auraient été victimes de viols, selon des témoignages. Samedi, Paris a interdit l’accès au territoire français au ministre israélien Itamar Ben Gvir.
Publié le 22 mai 2026, mis à jour le 23 mai 2026
21 mai 2026, Istanbul, Turquie. À leur arrivée à l’aéroport international d’Istanbul, à bord d’un premier avion, les membres de la Global Sumud Flotilla ont été accueillis par un large comité de soutien. Les traces de blessures étaient visibles confirme l’AFP sur place.© Abdelrahman Alkahlout/IMAGO/ZUMA Press Wire
Les membres de la flottille pour Gaza ont été expulsés d’Israël jeudi 21 mai vers la Turquie sont arrivés ce vendredi à Paris. Sept membres de la Global Sumud Flotilla (GSF) ont atterri à Roissy en fin de matinée et un deuxième avion en milieu d’après-midi. Arrêtés illégalement par l’armée israélienne le lundi 18 mai, les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés.
Viols, clavicules cassées, agressions sexuelles, décharges électriques, tortures, humiliations, privations de sommeil… Les premiers témoignages des civils et citoyens qui étaient à bord confirment des conditions de détention inhumaines et des crimes commis par l’armée israélienne. En réaction aux humiliations et violences filmées en présence du ministre israélien d’extrême droite Itamar Ben Gvir, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot a annoncé samedi que ce représentant du gouvernement de Tel Aviv n’était plus le bienvenu en France. « Cette décision fait suite à ses agissements inqualifiables à l’égard de citoyens français et européens », a fait savoir le ministre des Affaires étrangères sur X. Des faits qui s’ajoutent à « une longue liste de déclarations et d’actions choquantes » à l’égard des Palestiniens, selon le ministre. Samedi, une manifestation était appelée à Paris par les soutiens des militants de la Global Sumud Flotilla.
Pour lire la suite et écouter les témoignages : https://www.humanite.fr/monde/armee-israelienne/tortures-humilies-affames-apres-leur-expulsion-disrael-les-membres-de-la-flottille-global-sumud-arrivent-enfin-a-paris
« Pour l’instant, c’est 15 personnes qui se sont fait violer. Il y a une trentaine d’os du corps qui ont été brisés, que ce soit des côtes, des clavicules, des tibias, etc. Il y a plusieurs personnes qui sont hospitalisées, dont certaines dans un état grave et très préoccupant. Et au-delà de ça, il y a eu des situations de viol collectif où les navigants étaient réveillés en plein milieu de la nuit, dans des tentes et violés collectivement par des soldats israéliens. Il y a aussi eu des séquestrations de plusieurs navigants qui ont été forcés de regarder des images de décapitation avec les soldats israéliens qui répétaient en boucle, ”Vous voyez ça, ce sont vos petits amis du Hamas qui se font décapiter” », témoigne Hélène Couron porte-parole de GSF.
L’activiste néerlandaise Jesse Aletta van Schaik, qui se trouvait à bord de la flottille Global Sumud, raconte avoir été « enlevée » dans les eaux internationales avec des centaines d’autres personnes. Elle poursuit un récit glaçant : « Ils m’ont retiré mon chemisier et ont pris des photos. Puis ils nous ont maltraités toute la nuit, frappés. Menottée, j’ai été traînée au sol quand je ne pouvais pas marcher. »
Hélène Couron porte-parole de la délégation française de la Global Sumud Flotilla
Des militants brisés
À leur arrivée à l’aéroport international d’Istanbul, jeudi, à bord d’un premier avion, les membres de la Global Sumud Flotilla ont été accueillis par un large comité de soutien, avec de nombreux militants agitant des drapeaux palestiniens.
Les traces de blessures étaient visibles confirme l’AFP sur place. Selon l’urgentiste Pascal André, qui fait partie du pôle médical de la Global Sumud Flotilla, joint par l’Humanité : « Plus d’une trentaine est partie dans la soirée de jeudi ou dans la nuit à l’hôpital à Istanbul ».
Leur état est effrayant. « Je peux simplement vous dire que j’ai vu Malika, l’infirmière avec qui j’étais à bord l’année dernière, avec laquelle on était en prison, elle semble brisée. C’est-à-dire qu’elle était en pleurs, recroquevillée sur elle-même, elle n’ose plus parler, elle a le bras droit en écharpe. Étant donné son courage et sa force de caractère, cela signifie qu’elle a subi des choses terribles », constate Pascal André.
Scott, un Sud-Africain qui était aussi à bord du bateau de Malika a également été emmené « à l’hôpital » a brièvement détaillé son père. Il en est sorti jeudi soir pour aller porter plainte au commissariat avant de regagner l’hôtel.
Dès que je ferme les yeux, je revis les scènes
Depuis l’hôpital, Başakşehir Çam et Sakura, à Istanbul, Malika explique ce vendredi avoir dû réaliser « plusieurs scanners pour déceler une fracture » après les atrocités qu’elle a subie avec d’autres activistes de la flottille, ces derniers jours.
Toujours sur place avec Scott, elle détaille pour l’Humanité cet instant où « dans le noir, trois hommes, tous cagoulés, m’ont tabassé sur le bateau militaire. Je leur ai dit d’arrêter car je n’arrivais plus à respirer. Ils m’ont répondu être docteur et puis ils m’ont à nouveau roué de coups ». Malika prend une pause et reprend son récit, une fois...

