Comment les élites palestiniennes n’ont pas su empêcher le vol de terres par Israël

jeudi 7 juillet 2022

La classe terrienne palestinienne aurait pu s’organiser pour lutter contre l’accaparement sioniste des terres. Mais à cause de sa négligence et de sa collaboration avec l’occupation, les Palestiniens ordinaires se sont retrouvés seuls à résister

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Le principal détonateur du soulèvement et de la résistance qui ont submergé la Palestine en mai 2021 n’était pas différent de tous les détonateurs que l’on a pu observer depuis le début des années 1880 – à savoir le vol continu des terres palestiniennes par des colons juifs.

Les efforts déployés par le sionisme pour voler les terres palestiniennes ont toujours été la pierre angulaire du mouvement. Le Fonds national juif (FNJ), fondé en 1901, et sa filiale, Hahsharat Hayishouv (1908), entreprirent de chasser les paysans palestiniens de leurs terres en acquérant des terrains auprès des autorités ottomanes et de grands propriétaires terriens absents, alors installés à Beyrouth, Damas ou au Caire.

Beaucoup de ces transactions furent menées de manière subreptice et illégale, comme elles le sont encore aujourd’hui. En effet, un autre front subsidiaire du FNJ, appelé Himanuta, s’est vu confier ces dernières années l’exécution d’accords fonciers douteux sur le plan juridique en Cisjordanie.

Après l’occupation du reste de la Palestine par Israël en 1967, aucun effort n’a été déployé ni par l’ancienne élite terrienne palestinienne, ni par la bourgeoisie émergente, pour bloquer les acquisitions sionistes de terres palestiniennes.

La prise de contrôle coloniale de la Cisjordanie par Israël en 1967, y compris Jérusalem-Est et Gaza, a redynamisé le vol colonial des terres palestiniennes, Jérusalem-Est et ses villes et villages environnants devenant une priorité pour les Israéliens.

Ni l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ni la bourgeoisie palestinienne n’ont depuis lors fourni d’efforts sérieux pour sauver les biens et les terres palestiniens. En fait, en 1993, de nombreux hommes d’affaires palestiniens ont soutenu la capitulation représentée par les accords d’Oslo, qui leur ont offert des opportunités de profits importants dans le cadre de l’occupation israélienne.

Le modèle allemand

Les efforts palestiniens pour stopper l’appropriation des terres remontent au début du projet sioniste.

Lorsque la Grande-Bretagne devint le sponsor officiel du projet de colonisation de peuplement juif européen en 1917, elle occupa la Palestine et commença à promulguer des lois et règlements visant à faciliter les transferts de terres aux colons juifs. Ce fut un moment décisif dans la fortune du mouvement sioniste.

Le fondateur du mouvement sioniste, Theodor Herzl, l’avait bien compris lorsqu’il pointait dans son pamphlet de 1896, L’État des Juifs, qu’« une infiltration progressive des Juifs [… était] vouée à mal finir ».

« Elle continue jusqu’au moment inévitable où la population indigène se sent menacée et oblige le gouvernement à arrêter un nouvel afflux de Juifs. L’immigration est par conséquent vaine à moins que nous ayons le droit souverain de poursuivre une telle immigration », écrivait-il

Les sionistes avaient en tête un modèle bien précis pour coloniser la Palestine : le modèle allemand.



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